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Jude sortit…



… à son tour. Il reconnut immédiatement son grand-père et son voisin Lou. Ray freina les chiens, mit pied à terre et ancra le traîneau. Il se précipita vers Jude qu’il souleva de terre, riant-pleurant de joie. Jude surpris, se laissa faire anticipant un peu la suite.
 
Ray le déposa et le regarda droit dans les yeux. « Raconte-moi ce qui s’est passé. » dit-il sur un ton bienveillant.

Et Jude de lui parler de la surprise qu’il voulait faire à l’Homme-à-la-longue-barbe-blanche-et-au-bedon-rond. Ray écoutait son petit-fils, attendri. Il était soulagé de l’avoir retrouvé. Maintenant ce qui pressait, c’était d’aller rassurer mère et grand-mère.

« Viens vite Jude. Installe-toi dans le traîneau, il faut rentrer au village. »

« Attends Grand-Père! Que fait-on avec le loup? »

« Ne t’inquiète pas pour lui. Il retrouvera sa tanière j’en suis certain. L’apprivoiser lui nuirait. Laissons-le vivre sa Vie.»

L’enfant, quoique déchiré par l’idée, enjamba le traîneau et se laissa couvrir d’une peau de caribou. Ray donna l’ordre à Mouffe, encore toute excitée de revoir son petit ami, de reprendre la route. Les chiens obéirent en jappant, l’attelage de Lou dans leur sillage, ils laissèrent les kilomètres glisser sous les skis des traîneaux.
 
Quelques personnes étaient à l’extérieur quand se profila le convoi dans la rue Val-Grégoire. Des exclamations fusèrent. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. La mère de Jude sortit de l’édifice du Conseil de bande sans son manteau. Quelqu’un venait de lui annoncer la nouvelle. Attendant à peine que Ray immobilise le traîneau, c’est en larmes qu’elle serra Jude très fort dans ses bras. L’éloignant, elle commença à le gronder mais Ray l’arrêta d’un geste. 
 
« Il est sain et sauf et il gardera un souvenir indélébile de cette escapade. Le genre d’expérience qui fait les grands hommes. » lui dit-il.

Gaya sourit. Son père, le Sage, avait raison. « Allez rentrons avant que tu ne prennes froid » dit Ray.

Tricotés les uns aux autres, ils retournèrent à l’intérieur où déjà, les gens commençaient à rapailler leurs affaires et quittaient petit à petit. Jude accepta la tasse de thé sucré fumante et prit place sur les genoux de sa mère. Sa grand-mère émue, posa les mains sur l’épaule de son petit-fils. Ses prières avaient porté fruit.

Silencieux, Jude laissa s’envoler ses pensées vers une petite bête cachée sous une galerie.

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