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Messages

Affichage des messages du avril, 2017

12- Le retour

"... Dimanche, 9 avril 2017
Ma main trace sur le papier déjà fripé par des milliers de mots, ce qui, explicitement, exprimerait la paix qui sommeille en moi. Comme si la plume elle-même se faisait légère et appliquée. Comme si chaque lettre se voulait encore plus belle. Étrange sentiment...
Je profite de ce "peut-être" dernier matin, pour me baigner dans tous ces bruits provenant du terrain d'atterrissage voisin. Des ronronnements doux aux plus bruyants, des plus petits aux plus grands monstres volants, je vis et j'entends chaque son, chaque mouvement, comme quand on fait des provisions. 
En prévision. Des départs...
Mon regard se pose par-dessus l'affreux muret brun, sur les épis brillants de l'if trônant derrière. La mousse, comme de longs cheveux gris, se laisse bercer par le délicat souffle du vent.

Jeee ressspire...
Deuxième latte. Du soleil plein les yeux. Une bizarre sensation de dernier-moment-en-ces-lieux, serpente les méandres de mon cerveau. Emmagasinage…

11- Le fameux baiser

"... C'était samedi. Avant-dernière journée avant que ne sonne le départ. Il me restait, malgré mes dires précédents, un item que je tenais à rapporter avec moi en souvenir. 
C'était une photo du fameux baiser... Le "baiser de Times Square" ou le "Unconditionnal surrender"... 
14 août 1945...
Il existe à Sarasota, réplique immense de ce baiser échangé entre un marin débarquant le jour du V-J Day (Victory over Japan Day), au port de New York, et une infirmière, peut-être, non consentante*...
... Greta Zimmer Firedman et George Mendonsa, respectivement infirmière et marin, ont vu une parcelle de leur Vie immortalisée à jamais par le photographe Eisenstaedt au doigt-rapide-sur-la-gachette. Mendonsa fraîchement débarqué, Zimmer s'étant simplement retrouvée là... Hasard... De la Vie... L'un emprisonna l'autre, dans une étreinte qui aux yeux de tous, parut, passionnée. Mais était-ce vraiment le cas? Discutable...
Greta s'est éteinte le 5 octobre 20…

10- Infitration sur la côte est

"... Les Defoy
C'est par un beau mardi matin (deux semaines après mon arrivée à Sarasota) que je décidai de reprendre la route afin d'aller voir chez les Voisins de l'est, ce qui se passait de bon de leur côté. 
J'entassai quelques effets personnels dans le sac à dos rose-Angleterre, et je priai Madge de me conduire à Fort Lauderdale par les routes tranquilles de l'intérieur des terres.
Chez les Defoy, je fus reçue comme une reine! Quel accueil chaleureux! Sirotant une bière dans l'alcôve, nous en avons profité pour jaser de tout et de rien. De long en large du quotidien. 
Et devinez quoi, Chère Gang de Retraitées??? 
J'ai pu goûter aux populaires carrés au caramel... Hummm... Nous sommes quittes!!!
En allant au lit ce soir-là, l'idée de me rendre jusqu'à Key West... 
Key West

Illumination au réveil! Indécise que j'étais la veille, voilà que dès que j'ouvris les yeux, je tapai un "Ramada Inn Key West" sous la suggestion de Cousine Hé…

9- Coexist-ence

"... Lors de mon séjour Floridien, j'ai eu la chance d'approfondir une belle leçon de Vie. 
L'H-Ami où je demeurais faisait partie d'un mouvement s'appelant "Coexist" dont le sigle représente les trois religions (Islamisme, Judaïsme et Christianisme), la paix, le symbole des hommes et des femmes dans toute leur complexité, un pentacle (genre de talisman), le yin et le yang. Le mouvement encourage le dialogue et la TOLÉRANCE.  J'ai passé un après-midi à lire sur le sujet...

Ce mot, coexist, revint souvent dans nos conversations surtout lorsqu'elles prenaient une tangente vers un jugement ou un sarcasme envers certaines personnes.  Si on jasait de quelques connaissances, et que nos dires dépassaient la simple observation, je murmurais un "coexist"... 
Magiquement, ça ramenait nos propos à un autre niveau!
J'étais déjà sensibilisée, mais combien est-ce difficile parfois de demeurer congruent avec nous-mêmes et de conserver notre air d&#…

8- Robe jaune, coucher de soleil et danse

"... La robe jaune (jaune... pas rouge!)

Jour de pluie. C'était le moment que j'attendais pour aller magasiner le seul morceau qui m'importait vraiment: une petite robe jaune virevoltante, cintrée à la taille et à manches courtes, telle que je l'avais immortalisée avec de la colle et du mod podge sur le tableau de visualisation 2017, année grande ouverte sur l'imprévu.
Après avoir fait quelques boutiques (et toutes celles de St.Armands Circle!), j'ai fini par la dénicher chez JC Penney. Ça débuté et terminé du coup, le magasinage que je voulais faire dans le sud! Pierre-Yves serait fier de moi!

C'est fou ce qu'on peut changer à la retraite!!! ;-)

Je l'ai étrennée le soir même, au spectacle de "Piano Men" où deux sympathiques et jeunes pianistes (aux doigts si agiles qu'on en perdait le mouvement), se produisaient au Florida Studio Theatre's. Du moins... Je pense que c'était là! 
Prestation impressionnante...

Turtle Beach et son …

7- L'écureuil, les alligators et la pipe à eau!

"... L'Écureuil

Comme j'étais toujours la première levée, c'est moi qui préparais le café chaque matin. Je sortais pour le siroter lentement, là où le soleil daignait se montrer tôt la binette. 
Du coin de l'oeil j'observais l'écureuil...

Queue recourbée, secouée de soubresauts insondables. Points d'interrogation ou virgules inversées. Exclamations sans point dans ses expressions. 

Je divague...

J'en ai fait mon Ami au fil des jours. L'ai baptisé Ti-Gros. Pour la forme. Sans relâche, il arpentait de haut en bas, l'immense if qui cachait ses racines derrière le muret cimenté. Déambulations. Va-et-vient qui viennent et qui vont... Question... 

Finira-t-il par tomber nez à nez avec le gros chat noir-aux-moustaches-blanches, aperçu pour la première fois, dans la plate-bande avant?... 

Je vous rassure... La rencontre n'aura pas eu lieu, du moins le Temps de nos seize matinées...

Alligators et vélo

Le Myakka Park - J'avais enfilé cuissard et pris …

6- Musées et al

"... Une semaine que j'avais replié mes ailes en sol Floridien. Mon corps se colorait tranquillement de miel doré. Je faisais mien le "silence salutaire" dès que je le pouvais, malgré le piaillement incessant des oiseaux, les trombes d'eau de la fontaine et le ronronnement sourd des avions, petits et grands, prenant leurs aises tout juste à un pâté d'où je me trouvais.
Je me rassasiais de ces moments, gracieuseté de la Vie. Du coup, je portais mes pensées vers tous ceux qui n'avaient pas la même chance que moi. Gratitude. Par un après-midi dégoulinant de chaleur, l'H-Ami et moi, on alla pagayer les tunnels de mangrove à Lido Key, sorte de bayou-crocodile-en-moins. Quel bonheur de circuler emmurée dans ce silence de nature! 

Ce fut l'un des très bons moments de ce séjour.
Vint un autre jour, la visite du fameux musée de John Ringling. Un
cirque miniature immense; une grande maison; un musée d'art où l'on se faufila dans le Pathless Woods (long…

5- La Floride

"... Plages, soleil et coups de soleil!... Voilà ce qui résume quelques jours de mon séjour en sol Floridien! Je peux ajouter: piscine et longueurs; intervalles de marche rapide et course; dolce farniente et lecture, kayak et rando à vélo; visites de musée et cinéma.  La vraie Vie quoi! Ou un film qu'on pourrait appeler: "Nage, prie, marche..."*
Ben quoi!
J'ai baigné de longs moments dans le "Silence salutaire" de M. Breszny**: "... ne rien faire et se taire pour s'extraire du bruit et de la fureur qui nous empêchent de nous entendre réfléchir..."  Me suis donc "prélassée et abandonnée", dans le "vide cotonneux du Silence salutaire...
Non mais... Avouez...
Un beau jour, l'H-Ami m'a fait découvrir la plage d'Anna Maria Island, dernière des quatre îles avant St-Petersburg (précédée de la Siesta, de la Lido et de la Longboat). Nous avons assisté impuissants, à un puissant (!) coucher de soleil. Moment magique! 
C&#…

4- Roanoke(VA)-Pooler (GA)

"...Mes hôtes, Truda et Joseph, sont charmants et très avenants. Ils habitent un beau quartier présentant ses façades toutes de briques habillées. Inspiration britannique...
Je peux tout faire en marchant: me restaurer et aller au cinéma. C'est d'ailleurs ce que je ferai de la soirée. Je choisis de visionner le film "Lion". Quelle histoire touchante et vraie! J'ai adoré!
Sur la route, j'ai vu pousser les feuilles en Virginie et fleurir les jonquilles en Caroline du Nord. J'ai croisé des motos et des... tondeuses! ;-) 
J'ai laissé mon regard planer brièvement sur les montagnes de la Virginie et  les plats des Caroline(s) jusqu'aux palmiers de la Georgie. 
Madge, Wilson et Méo se portent bien. Ils sont patients et observent le défilement incessant du paysage sans rechigner. Sans me tambouriner les tympans avec des "j'ai soif", "j'ai faim", "j'ai envie de pipi" ou les "quand-est-ce-qu'on-arrive"…

3- Shavertown (PA) - Roanoke(VA)

"... 8h du mat' - J'avais mal dormi chez Kelly. Mais je ne lui dirais pas. Parce que je ne la reverrais jamais. Ou pas. Disons.
La chambre, dans sa plus simple expression, dégageait une forte odeur de solitude. Et une, un peu trop tenace, d'humidité ne voulant plus quitter les fibres du tapis.
Couchée tôt, après avoir plongé tête première dans l'énorme bouquin de Normand Tremblay*, il était 5h30 quand, après des centaines de roulades de côté, je quittai à regret la tièdeur du lit.
Ma première expérience chez un hôte Airbnb s'était bien passée. Quand je quittai, Kelly m'assura que dans quatre heures de route, je pourrais retirer mes lourdes bottes d'hiver. J'avais hâte!
Je repris la route, tout comme la veille, avec un Bobby Bazini  me contant fleurette. "Summer is gone", "Never let go" et "C'est la Vie", "Where I belong" ("I'm a dreamer, a dreamer dreams you know..."), "Whish you were here&…

2- La frontière et Shavertown, PA

"... La route s'offrait à moi, neuve, secrète. L'Ami Yvan m'avait suggéré de traverser la frontière à Thousand Islands, ce qui avait motivé le détour par Gatineau. Je rejoindrais de là, la route 81, celle utilisée en bonne partie par les camionneurs. Le douanier au poste frontalier posa le fameux pourquoi-je-voyageais-seule. "Nobody want to travel with me... Don't know why!" lui répondis-je. Il me sourit, poursuivant ses questionnements dans un français aussi boiteux que l'était mon anglais, tout en jetant un oeil amusé sur Wilson, sagement assis à l'avant.  Mon tour de sourire... L'important, c'était qu'on se comprenait!... (ce qui n'est pas toujours le cas, avouez, même quand on parle la même langue...)
Les premiers milles s'offrirent à moi sous un soleil éclaboussant de ses rayons, l'habitacle de Petit Escape. La radio joua une chanson anglaise ne contenant qu'une seule phrase en français:"C'est un nouveau dép…

Ouf!!!

"... Difficile d'engager un récit avec quarante pages de notes éparses... Par où commencer? Je voulais aborder par thème, mais si je m'y mets, j'y passerai l'été!!! Badinage... Et je ne veux pas livrer des états d'âme quotidiens... Dilemme... Je sais: méthode de travail! Je me suis donc installée à la petite table Ikea de la salle à manger. Celle occupée seulement par Vieux Portable. J'ai mis l'eau à bouillir, étendu les pages déjà un peu gribouillées, glissé un CD de pièces-de-piano-à-4-mains et pris une profonde inspiration. Je me ferais accroire un retour sur le marché du travail, le Temps de démêler tout ça!
Premièrement: surligner les passages importants ou drôles du voyage. Deuxièmement: les regrouper sous différents "chapitres". Troisièmement: rédiger. Quatrièmement: m'amuser!

Je vais commencer par ça! ;-)

1- Prendre la route
Organisée comme je le suis, bien avant le départ, j'avais pris soin de tracer un itinéraire et de prévoir les…

Et parce qu'il y a toujours un commencement...

"... Je me sentais fébrile à l'idée de ce tête-à-tête avec les touches du clavier. Trouverais-je les mots? Les bons? Est-ce que la spontanéité serait au rendez-vous? Est-ce que je saurais laisser le silence se taire sur une page blanche?... Deux heures du mat': la nuit avait décidé que de sommeil, j'avais eu assez. Pas le goût de m'obstiner! Privilège de Retraitée! Morphée me cueillerait dans ses bras en plein après-midi si jamais le besoin s'en faisait sentir... Le blues du retour s'était hypocritement glissé en moi. Comme toujours. Depuis toujours. Il m'enserrait le coeur et me nouait l'estomac. Pour me secouer... je suis repartie! Pas loin. Là où je savais trouver, filiations naturelles.  Baume...
Et parce qu'il y a toujours un commencement... J'ai laissé les mots venir à moi, malhabiles et hésitants. Gênés.  Comme lorsqu'on rencontre un nouvel Amant. Prendre le Temps... Me voilà donc revenue! Huit milles kilomètres plus tard. Je suis all…