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En berne

La neige avait eu beau se montrer aussi blanche et légère que plumes égarées, et le vent souffler aussi fort qu’il le pouvait du Nord, la ville avait soudainement revêtu son habit des jours gris.

Tristesse...

Même les quelques maisons nichant tout près du bureau avaient un air morne et tristounet. La lueur crépusculaire ne suffisait pas à éclairer ce début de journée.

Les drapeaux en berne, lançaient dans l’air glacé, leur aubade de bruits métalliques et de claquements d’étoffe. La minute de silence fut de mise… J’allais présenter la carte codée tenant lieu de clé lorsque je voulus immortaliser ce moment.

En mémoire de…

Je savais depuis hier qu’une Grand-Mère avait fait le grand saut vers l’Au-delà. Je savais aussi depuis hier, qu’un Petit Être l’avait suivie de près… J’ai pensé qu’ « Il », avait tout prévu… Du moins je souhaitais que l’Enfant n’ait pas eu à faire seul ce long voyage. Je me suis dit :

« Sûrement que la Mamie l’a attendu… »

Ainsi arrivent ces moments où l’on aperçoit les drapeaux flottant inopportunément à mi-mât…

… Comme ça que l’on sait qu’une Âme s’est envolée de Kuujjuaq, pour ne plus jamais s’y poser…

photo:"À la douce mémoire de...", Kuujjuaq, janvier 2012


Commentaires

Le factotum a dit…
Un très beau billet!
J'ai toujours aimé la façon dont les gens soulignaient le départ d'un des leurs pour le grand voyage ...
Anonyme a dit…
Je me disais justement, cette semaine, que ça ne me manquait pas tous ces drapeux en berne , à chaque semaine , cest triste à un mourrir ! ST
M. Le Factotum... merci pour votre commentaire...

ST... surtout quand ils le sont pour des Petits... Triste à en mourir... mais c'est la Vie!...

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