Passer au contenu principal

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (3)



Ce printemps ‘53, Théo avait fait plus que bigler. Il avait lu dans le journal, l’annonce d’une femme se disant « prête à rencontrer ». 

À cette époque, à vingt-sept ans, pas mariée, la Belle Desneiges appréhendait de passer seule, sa vie durant. 

S’adonne que ce n’était pas son souhait. S’adonne que ce n’était pas celui de Théo non plus, alors… 

Il n’en fallut pas plus pour que M’amselle Destinée s’en mêle un peu. Elle s’arrangea pour que Théo rédige une courte missive, car d’écriture il n’était point prodigue. Il prit un simple papier blanc, et il traça en quelques mots, l’essence même de sa démarche, honnêtement, sans flafla. Il exprima son désir sincère de rencontrer la Dame. 

Lorsque Desneiges de ses mains tremblotantes, décacheta l’enveloppe un peu noircie d’une substance huileuse, un étrange sentiment l’envahit. Le genre que l’on ne saurait décoder rapidement et qui se doit de germer avant d’éclore au grand jour. 

Le genre qui fait son chemin sournoisement, petit à petit, jusqu’à envahir complètement le corps et l’âme, abasourdir, engourdir…

C’est ça qui lui est arrivée à la Belle Desneiges en ce bout de printemps ‘53. 

Elle était tout simplement, carrément, extraordinairement… tombée en amour!

 

Commentaires

matin d'automne a dit…
Bonjour amie Fitzsou,

Merci pour ce début de roman très prometteur, j'attends la suite qui viendra demain.
Je suis de retour d'une excursion en pays inconnu mais qui l'est un peu moins.
Ai retrouvé ma vie qui a fait une pause le temps de nouvelles découvertes et me paie actuellement un "rhube" qui m'a permis de rattraper la lecture de ton blog.
J'ai également eu la chance de recevoir une missive du grand Nord. Merci pour tes souhaits...j'aurais aimé expédier les miens à temps mais...alors en attendant de te parler,je te souhaite un dernier Noël nordique des plus festifs.
Bon retour au pays Matin d'automne!
J'ai bien hâte d'entendre parler de ce voyage au pays des merveilles de Noël!!!
Soigne-toi bien! xoxoxo

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...