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Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (12)



À quinze ans, Théo trouva de l’ouvrage avec lequel il gagnait un maigre soixante-dix sous de l’heure. Avec ça, il devait payer la nourriture pour les chevaux.

Imaginez!

Il faisait le transport d’équipement minier d’Amos à Cadillac pour la Mine O’brien. Des allers-retours avec couchers à Rivière-Héva. Il transportait des rails pour les petits wagons utilisés sous terre.

Lorsqu’il en eut assez de cette laborieuse vie, il changea une fois de plus son fusil d’épaule et commença à travailler directement dans les mines. Il croyait bien que cette fois, ce serait pour de bon.

Mais…

Le premier emploi que lui dénicha son père, fut à la mine Lapa, à Cadillac. Il y resta presque trois ans, passant d’un poste sur le concasseur de pierres, à celui du « bowlmill » pour finir opérateur de pont roulant, poste qu’il occupa jusqu’en 1938.

Un beau jour, l’idée lui prit de s’exiler à Timmins. L’un de ses amis y travaillait à la mine avec un salaire bien supérieur au sien.

« Pourquoi pas moi? » se dit-il.

Il plia bagage après avoir remis sa démission à la direction de la Lapa et prit la route dans son Ford 1935. La voiture précédente, une Chevrolet 1925 n’aurait bien sûr, pas tenue le coup!

Après avoir roulé plusieurs heures, il retrouva avec plaisir son ami Ernest et l’épouse de ce dernier, une dénommée Colette. Il s’installa dans le campement de la mine et fut immédiatement appelé pour compléter son formulaire d’engagement et passer son examen médical.

Une mauvaise surprise l’attendait. Il fut recalé au médical à propos d’un « p’tit quelque chose » sur un poumon. Il ne sut jamais si c’était vrai ou non. Comme il n’en avait jamais entendu parler auparavant et qu’il ne ressentait aucun symptôme laissant supposer un quelconque problème, ça resterait un mystère sa vie durant…

Chose certaine, c’est ce qui le décida à abandonner pour de bon, l’idée de travailler dans une mine. Se disant que ça ne servirait à rien d’aller postuler à d’autres endroits, il comprit que son avenir se passerait sur terre plutôt que sous.

... Et il finira par passer sa vie en l’air plutôt que sur… Sa carrière de mineur se termina comme il entrait dans l’âge adulte.  Il était dû pour vivre autre chose. Enfin, c’est ce à quoi il croyait, mais les mines n’avaient pas dit leur dernier mot!...

(Sachez qu’en décembre 2013, Théo se dirige fièrement à petits pas glissés, vers ses quatre-vingt-treize ans… Alors que penser de ce problème « de poumon » à l’âge de dix-sept ans???…)


Énigme, jamais résolue…




Commentaires

matin d'automne a dit…
Mon père avait une tache au poumon... Il est mort à 76 ans d'une leucémie sans aucun rapport avec cette tache.
Mystère non élucidé...sa mère est morte de tuberculose alors qu'il n'avait que 7ans. Aurait-il contracté la tuberculose asymptotique où est-il né avec cette tache...mystère et boule de gomme.
Bonne journée
Tu es drôle! C'est exactement le soupçon que j'ai par rapport à mon père.
Parce que j'ai toujours "trop" réagi aux tests à la tuberculose, j'ai émis l'hypothèse que...
Je l'avais même insérée dans le texte pour le retirer par la suite pour ne pas alarmer le reste de ma famille.
Avec ce que l'on vit au Nunavik, maintenant je sais que mon hypothèse pourrait être plausible.
Bon 29 décembre! ;-)

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