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Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (9)



Un jour de 1930, Théo était à nettoyer l’étable quand, sortant avec une brouette bien pleine, il s’arrêta un instant pour observer un avion traversant le ciel. Ça arrivait de plus en plus souvent d’en voir entre Amos et Vald’Or. C’était en partie à cause des prospecteurs qui utilisaient ce moyen de transport pour se déplacer entre leurs différents sites de prospection.

« Si je pouvais apprendre à parler l’Anglais un jour, je pourrais peut-être arriver à piloter ça, un avion de même. » se disait Théo. Mais ses débuts dans la rude vie des adultes ne lui permettraient pas avant plusieurs années d’accomplir son rêve.

Le père de Théo était un journalier. Il allait là où il y avait du travail en plus de prospecter de temps en temps. Un jour qu’il travaillait à faire du bois à la mine de Sullivan, la « Stabel », comme on l’appelait, l’un de ses chevaux se blessa et il demanda à Théo de venir lui porter l’un de ceux qui était resté sur la ferme.

Théo remplit sa besace et prit la route en passant par St-Marc où il s’arrêta pour la nuit chez l’un de ses oncles. Le lendemain, il repartit en même temps que ses cousins et parcourut les soixante kilomètres, moitié marchant à côté de son cheval, moitié en le montant.

Une fois rendu sur place, quel ne fut pas sa surprise lorsqu’il entendit son père lui dire qu’il le retournerait en avion. Il n’osait y croire. Enfin, il allait voler.

Il fallut peu de temps pour que le pilote lui fasse signe de se glisser à l’avant de l’appareil alors que ce dernier se hissait derrière et lançait le moteur.

Pour Théo, ce jour resterait gravé à jamais dans sa mémoire...

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