Passer au contenu principal

Envolée céleste



« … Les divers moniteurs ne cessaient de se lamenter. Ils enterraient avant le temps, ceux avec qui ils étaient branchés. Pendant ce temps, l’air tentait en un dernier soubresaut, de franchir l’espace étroit séparant les alvéoles des capillaires sanguins…
 
Beep-beep…

La maladie rongeait déjà une partie de leur âme. C’était ce qui restait d’eux. Dans le lit d’à côté, la Jeune soufflait sa souffrance, longues doléances. Elle se mourrait…

Pendant ce temps, quelque part, quelqu’un poussait à fond les moteurs. Décollage en règle pour la piste 32… 

Beep-beep…

Dans la chambre voisine, Lui prenait du mieux. Tellement que lorsque l’infirmière aux yeux d’une incroyable bleutée, vint lui installer sous le nez, un léger portable, il soupira son mal...

« Regarde » lui dit-elle. Et elle démarra son rêve, Lui la tête bien calée sur les trois oreillers couronnant son courage. Sur l’écran, il vit les prémisses d’une envolée. L’Abitibi à sa portée. Voir ce monde si petit et si grand tout à la fois, avait quelque chose d’exaltant, d’hallucinant…

Beep-beep…

La ligne bleue sur l’écran du moniteur se change en un horizon artificiel. La vie s’écoule de ses veines à la même vitesse que l’avion déroule la piste. L’étincelle de Noël fait soudain briller ses yeux délavés par la souffrance. Le cadeau a fait son chemin… son regard s’éteint… l’âme prend de l’altitude. 

Sous les draps de coton blanc empesés, l’histoire tire à sa fin… 

Beeeeeeeeeeeeeeeeeep…»

Texte inspirée par Chantal Robert, une « Blanche Pronovost » des temps modernes, travaillant en soins respiratoires intensifs dans un hôpital de Québec. Originaire d’Amos, elle s’est exilée dans un Sud très loin du Nord… 
Merci Chantal, pour tout ce que tu fais pour... Eux... xoxoxo

 
« Décollage avec C-FFVK », Amos, décembre 2013
gracieuseté P.D.


Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...