Passer au contenu principal

Il était une fois dans le P’tit Nord…


… une longue, longue route parsemée d’embûches. On y trouvait entre autres, gisant en plein milieu, des marmites géantes évidées, que l’on devait déjouer à grands coups de roues.
 
Sur plusieurs kilomètres, on apercevait des branchages recourbés, tels des faux cils ayant fait la fête. Si on osait les frôler, ils se laissaient glisser impunément sur la carrosserie, dans un bruissement déchirant. 

De façon stroboscopique, la succession d’ombres obnubilantes venait abrutir la valeureuse conductrice tentant de franchir la distance la séparant de son refuge. 

Ce tortueux ruban de pierrailles esseulées, accueillait une multitude de petits animaux, les uns totalement désinvoltes face à la Vie se déroulant autour d’eux, les autres, sous des airs de pimbêche, jouaient à cache-cache sous le feuillage rassurant de la forêt. 


Point d’ursidés visibles, si ce n’étaient que quelques excréments expulsés ici et là. Point de cervidés non plus. Que des léporidés et quelques gallinacés s’en donnant à cœur joie. 

Au bout de ce qui semblait être un interminable chemin, gîtait le SylÉmi. Blotti parmi ses feuillus, il avait été bien malmené depuis quelques semaines, subissant sans un mot, de nombreuses améliorations décrétées essentielles par l’une de ses Maîtresses.

Mais voilà. Le Temps avait fait son œuvre. Le SylÉmi retrouvait en cette fin d’après-midi, sa quiétude des quinze dernières années, un léger rafraîchissement en plus, quelques odeurs nauséabondes en moins. 
Ainsi va les bois…

Il pouvait maintenant fermer les yeux et se reposer un peu, avant que ne revienne la Femme, quelques autres machiavéliques plans en tête, dont celui de poursuivre l’incessante guerre contre ces importuns muridés…


L’histoire suppose que le SylÉmi vivra heureux, beau et accueillant, encore plusieurs dizaines d’années…

FIN

Commentaires

Le factotum a dit…
Est-ce qu'on parle de la musaraigne?

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...