lundi 23 octobre 2017

Nuitée au « SylAni »



« … L’été indien suivait imperturbablement son cours. Le soleil avait atteint son zénith quelques heures avant notre arrivée. Il s’apprêtait à éteindre ses dernières lueurs dans la brillance des eaux du lac Lemoyne où nous venions à peine de poser notre mince bagage.
 
Dans l’Auberge, un groupe imposant de violonistes et autres musiciens, attaquaient avec précision quelques notes encore récalcitrantes. Les portes grandes ouvertes de la cuisine diffusaient mille parfums faisant crier nos estomacs en mal d’être nourris.

Silence! Lever du rideau!...

À notre table, coïncidence : M et Mme Naud sont des Amis de Cousin Jed. Instantanément, des liens se tissent. La soirée se déroule, conviviale. 

Baisser du rideau! Silence…

Nous étions fins seules à profiter d’une nuitée dans l’immense bâtiment truffé de billes de bois cumulant des centaines d’années de Vie. Voulant sans faute goûter l’impressionnante quiétude émanant de la désertification des lieux, je pris place tout en-haut de l’escalier, sirotant un dernier verre de rouge.

Perdue au fond des bois, j’appréciais le confort de cet endroit bien trop vaste pour deux, mais si beau. Je pouvais presque ressentir la fusion des poutres fondues l’une dans l’autre.
L’obscurité avalait les salons abandonnés et donnait une allure lugubre aux têtes empaillées. Du bout des doigts, je caressai celle sympathique (!), d’un énorme ours polaire.

Au moins une fois dans ma Vie, j’aurai

Délaissant l’escalier pour l’errance, je me retrouvai confortablement assise sur une causeuse rouge sang. Perdue dans mes pensées, je me sentais étrangement observée. Me retournant, dans la demi-noirceur, je perçus des regards insistants. Insister…

À mes côtés, un renard et un jeune ours se promenaient au-dessus de la verrerie…  

Fallait le voir pour le croire!... 

Fut-ce le vin qui étira mes lèvres d’un sourire?...

Je finis par me glisser sous l’édredon blanc. La nuit entreprit son rythme de rêves-sans-queue-ni-têtes. En moins de Temps qu’il n’en faut pour l’espérer, le jour reprit pied dans un soupir. 
 
Le soleil brillait à nouveau. Nu-pieds, je sortis le saluer. Le vent était froid mais tolérable. Je m’attardai quelques instants avant de reprendre la séance de songes éveillés.

C’est à ce moment que Jeune Sœur Chérie se pointa sur la mezzanine avec son habituelle bonhomie, lançant un vibrant « Bon matin »!

La journée prenait un nouveau visage. C’est là que l’on décida de dénommer ce nouveau p’tit-camp le... « SylAni » !

Ben quoi? Vaut mieux que les idées se suivent même si elles ne se ressemblent pas vraiment.  
N’est-ce pas ?... »

4 commentaires:

Le factotum a dit...

Si vous achetez, je réserve une nuitée avec ma douce.

Fitzsou, l'ange-aérien a dit...

Hummm... malheureusement M. Le Factotum, nous avons appris qui en étaient les proprios depuis 5 ans déjà. Et il ne semblerait pas qu'ils veulent sans départir prochainement. Vous devrez réserver auprès d'eux... ;-)

Zoreilles a dit...

Donc, c'est encore ouvert au public pour des réservations?

Sylvie Dénommé a dit...

Oui M'Dame Zoreilles!!! (à tout le moins quand il y a une activité de prévue en soirée!)

Histoire fleurie

Une journée s’annonçant d’un gris attristant, motiva la finalisation de ce billet, depuis longtemps semé en feuille. Ça va comme suit....