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Février 2007...


"...Il est tombé une douce neige aujourd’hui. Mon coeur battait au rythme des flocons qui se déposaient au sol, lentement, légèrement, docilement... Mes pas foulaient l’amoncellement de froidure, comme la charrue ouvre les chemins, laissant de larges traces sombres et un renfoncement inégal sur le trottoir.


Mes pensées voletaient, suivant le souffle du vent. Je marchais d’un pas pressé en direction du Pavillon. Ma journée commençait. Sur le pont, les voitures circulaient à vitesse prudente, la surface enneigée étant glissante. La ville se réveillait tranquillement, les lampadaires paressaient encore quelques instants avant de s’éteindre, comme les réverbères du Petit Prince.


J’ai jeté un oeil, comme à tous les matins, sur l’état de la rivière, me préoccupant des traces des motoneigistes téméraires ou audacieux, barbouillant sa blancheur d’une eau brunâtre.


Je profite de ces précieuses marches, comme on déguste un chocolat belge... Lentement, avidement... Si les gens passant à mes côtés pouvaient lire dans mes pensées, ils s’arrêteraient pour savourer eux aussi, ces moments divins et frisquets de février.


Un février très froid et embarrassé de questionnements sans fin, qui me laisse indécise quant à mon avenir de mère et de conjointe: arrivée au coin du pont, je me prends invariablement un appartement en ville, délaissant ma campagne pour un chez-moi rien qu’à moi... Et invariablement, lorsque je ferai le chemin inverse à la fin de la journée, je me dirai que l’idéal est encore de garder mon « fond de rang », ce qui constitue ma vie réelle du moment présent...
Mais je n’en veux plus tellement de cette vie. Je désire que mes vies imaginaires s’éveillent, s’étirent et prennent à leur tour toute la place! Je souhaite qu’elles éclatent au grand jour, que le rêve devienne réalité... Qui sait ce qui m’attend, si je continue de croire au « pouvoir infini de l’intention ». (1) Le bonheur, la joie de vivre, des moments inoubliables, avec des gens inoubliables...


Après un mois passé à changer de « lit », je retourne ce soir à la maison. Une dernière tentative avant peut-être le grand saut. Ciel que ça me fait peur! Mon prochain plan de vol n’est pas finalisé et me laisse dans l’incertitude du moment. Fera-t-il aussi beau là où je désire aller? Est-ce que je devrai me poser avant même d’y être arrivé? Un jour à la fois...


...et je plonge, car qui risque rien n’a rien...


(1) Dyer, Dr Wayne W.. Le pouvoir de l’intention. Aventure secrète, 2004


Ce texte, je l’ai écrit en février 2007. Il fut la première (et unique) page de ce qui se voulait un essai sur MON livre à MOI... ça s'appelle "avoir de la suite dans les idées"...

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