Passer au contenu principal

Funérailles


Nous le savions depuis le début de la semaine. Un « elder » bien connu et apprécié de la communauté de Kuujjuaq pour ne pas dire d’une partie du Nunavik, avait laissé son dernier souffle planer « on the land », comme un aquilon solitaire… Cet après-midi, nous nous joignions à la famille pour lui rendre un dernier hommage dans sa langue maternelle, l’Inuktituut.

M. George Aqiggik Koneak n’a reçu que de bons mots de la part de ses enfants et amis. Habile traducteur, il a travaillé fort pour que les Inuit continuent à marcher la tête haute tout en se faisant entendre par les Allunak*. Kuujjuaq perd un grand homme.

Ces 13 enfants, 64 petits-enfants, 86 arrière petits-enfants et ses 64 arrière-arrière petits-enfants ont lancé d’un même souffle leur au revoir à cet aïeul. Et moi, j’eus le privilège avec plusieurs de mes consœurs et confrères de travail d’assister aux funérailles étant donné que M. Koneak était le père de notre assistante directrice. Rite religieux anglican, parsemé de témoignages, de va-et-vient, de pleurs d'enfants, de chants dans cette langue que mon oreille non habituée, trouve encore mystérieuse. 

À la fin de la cérémonie, tous les gens se sont levés pour serrer la main de plusieurs des membres de la famille, demeurés assis, les gens circulant entre les bancs, en une longue procession.

Le cercueil ouvert devant l’assemblée, nous laissait l’occasion de formuler un secret au revoir et...  "nakurmiik"*…

* allunak (sous toute réserve concernant l'orthographe): étranger
* nakurmiik: merci

Photo :  « Partir droit devant », Kuujjuaq, août 2012



Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Cher Papa

Amos, 10 mai 2018   Cher Papa,  On dit que «  la Vie ne tient qu’à un fil  »… J’ajouterais que si on a le malheur de perdre un jour l’horizon de vue, le lien se rompt, annonçant le départ pour l’ultime envolée… Ce Temps est arrivé pour toi. Tu as passé une bonne partie de cette Vie dans le ciel. Entre ciel et terre. Tu éprouvais plus grande satisfaction à imiter le vol de l’oiseau, plutôt que la Vie d’un poisson, même si en réalité, tu en étais un heureux mélange, étant donné ta naissance, un jour de mars 1921… Tu as travaillé sans relâche, vaillamment et avec persévérance dans tout ce que tu entreprenais, que ce soit à transporter du gravier très jeune afin de tracer des parcelles de chemins abitibiens, ou à faire l’élevage à la dure, d’une centaine de visons, ou encore, à avoir les doigts noircis par l’huile des moteurs de tes grands oiseaux métalliques. Lentement mais sûrement, tu as avancé à grands coups d’épaules dans la Vie.  97 a...