Passer au contenu principal

Il était deux fois...


… une gentille Dame, qui vivait sa vie, impassible, sans bruit ni passion de cœur.

Malheureuse elle n’était point. Incertaine de ce que lui réservait le Temps à venir, elle n’osait faire de projets à long terme et laissait les jours s’écouler, sereinement, à l’image du courant de la rivière…

Subitement, un beau jour, on vint troubler sa quiétude. Oh! Sans méchanceté, il va de soi… Mais tout de même...

Troubler…

Et de fil en aiguille, rapidement la gentille Dame se laissa emberlificoter dans une fiction abracadabrante, qui la laissa, à peine quelques mois plus tard, désillusionnée, et attristée…

Se demandant inlassablement, quel message elle devait tirer de cette équipée, ses nuits se transformèrent lentement, en nuits d’horreur, la figeant dans des insomnies, à défaut de trouver réponse à ses tourments…

Un fort sentiment d’avoir été trahie l’envahit…

Heureusement, elle en avait vu d’autres et sagement, elle décida de s’en remettre au Temps…

« Temps, dis-moi, combien de « temps » te prendra-t-il pour me remettre fonctionnelle?... »

Et le Temps de lui répondre :

« Il faudra le « temps » qu’il faudra. Quelques jours sans plus. Après tout, pourquoi passer autant de « temps » sur ce quelque « chose » d’aussi éphémère et illusoire que ce qui fut? »

Rassérénée, la gentille Dame repris tant bien que mal, sa petite vie tranquille. Elle ré-apprivoisa sa solitude et repris sa route, là où elle l’avait laissée.

Une bonne nuit, enfin, elle entendit le signal du train du sommeil. Il arrivait de loin, mais il arrivait…

Alors précipitamment, elle lança quelques bonheurs dans un baise-en-ville et quitta l’espace qui la gardait prisonnière de ses déboires.

À tire-d’aile, elle s’envola…

Mais l’histoire ne dit pas, si cette nuit-là, elle trouva vraiment ce qu’elle espérait tant… la sérénité, dans le silence du moment…

photo : bataille sur les rives de la Koksoak…


Commentaires

Le factotum a dit…
Par votre nature, vous réagissez aux modifications du milieu . Vous avez la capacité de percevoir les choses avec une sensibilité des plus délicate.

Sentiments, sensations et impressions s'entremêlent d'une façon incroyable.

Quel beau billet remplie d'émotions...
Oh merci infiniment! Sans prétention, j'y ai mis effectivement tout mon coeur... pour vrai!...
Zoreilles a dit…
Poésie. Chacun d'entre nous peut s'y retrouver, dans les états d'âme du moins.

Billet délicat, nostalgique, émouvant, profond.

Messages les plus consultés de ce blogue

Une minute de silence svp!

« … C’est l’Ami Pat qui, ce matin, a porté ce fait à mon attention :  1 minute de silence, à 11h, ce 11 du 11 , jour du souvenir.    Je ne suis pas une fana ni ne me targue d’avoir une grande connaissance des guerres, que ce soit la 1 ère ou la 2 ième . Ce que je sais, c’est que Papa Fitzsou, travaillant à l’époque de la 2 ième à la mine Molybdenite , avait été épargné de se présenter au front. Le molybdène contribuant à renforcer l’acier, était apparemment, utilisé dans la fabrication des munitions.  Ce fut, involontairement , sa contribution volontaire … De lien en lien, j’en ai appris un peu sur la bataille de la Crête de Vimy , s’étant déroulée il y a cent ans de cela, et pour laquelle, des milliers de canadiens ont tristement donné leur Vie.  Bon… Une minute de silence . En souvenir de ces valeureux combattants, c’est bien peu, quoique… Pour moi, ce sera déjà un défi en soi! ( je blague voyons… comme si je ne pouvais ferm...

Cher Papa

Amos, 10 mai 2018   Cher Papa,  On dit que «  la Vie ne tient qu’à un fil  »… J’ajouterais que si on a le malheur de perdre un jour l’horizon de vue, le lien se rompt, annonçant le départ pour l’ultime envolée… Ce Temps est arrivé pour toi. Tu as passé une bonne partie de cette Vie dans le ciel. Entre ciel et terre. Tu éprouvais plus grande satisfaction à imiter le vol de l’oiseau, plutôt que la Vie d’un poisson, même si en réalité, tu en étais un heureux mélange, étant donné ta naissance, un jour de mars 1921… Tu as travaillé sans relâche, vaillamment et avec persévérance dans tout ce que tu entreprenais, que ce soit à transporter du gravier très jeune afin de tracer des parcelles de chemins abitibiens, ou à faire l’élevage à la dure, d’une centaine de visons, ou encore, à avoir les doigts noircis par l’huile des moteurs de tes grands oiseaux métalliques. Lentement mais sûrement, tu as avancé à grands coups d’épaules dans la Vie.  97 a...

Parfaite perfection

« … ( ou paradoxe dans la pensée de l’ange-aérien… )   Qu’est-ce qu’on en met de l’énergie pour camoufler les signes du Temps : colorations, crèmes miracles de tous genres, botox, chirurgies esthétiques. Comme si la peau devait à jamais, demeurer lisse et ferme. Comme si on ne pouvait que viser, la jeunesse éternelle et l’immortalité…  Non mais !!! … Les vêtements doivent être griffés. On doit posséder le plus récent cellulaire, la meilleure tablette, l’ordi le plus léger, la voiture de l’année. Les activités sportives sont répertoriées, analysées, comptabilisées.  Et le plaisir? Oublié ??? … Plus question d’imperfection. Il faut mordre dans la Vie avec des dents en rang d’oignons et blanches comme neige. L’apparence physique doit être sans fausse note. Notre Vie aussi. Et malheur si les rides viennent trahir nos années de bonheur… Aberration !...  Dommage … Parce que quand j’y pense… Grand-Mère Antoinette portait...