Passer au contenu principal

Kuujjuaq: huitième jour

(cliquez sur le lien en surbrillance pour entendre Tiny Ruins tout au long de votre lecture)

".. 10h- Il faisait un Temps splendide. Soleil sans nuages. 
Sans ambages, la décision fut prise: nous irions en randonnée!

Enfilant bottes et mitaines et revêtant tuque et manteau chaud, nous nous dirigeâmes vers le nord du village. Vers le cimetière. Vers l'austère croix. Tout là-haut sur les collines.

On s'arrêta pour entraîner dans notre sillage, Éli, une Amie de Sue. Il faisait trop beau pour laisser Quelqu'une "enmaisonnée" derrière nous. Même si on sentait que l'air manquait encore d'un peu de sa chaleur printanière nordique.

Marcher nous réchaufferait.

On se recueillit un certain Temps et avec beaucoup de respect, devant les croix de bois peintes en blanc qu’exhibait le petit cimetière. Lisant au hasard les épitaphes, souvent simples plaquettes de métal argenté, on pouvait croire que Jeunes et Vieux, reposaient en paix, ensevelis sous des centaines de fleurs colorées.

De l'endroit se dégageait une certaine sérénité. 
Apaisement des tourments... 
Repos des corps et des esprits...

Poursuivant notre route, on escalada les rochers, sautant de l'un à l'autre. Montant, descendant, emprisonnant dans nos mémoires, les paysages, l'élargissement de la Koksoak menant à la grande baie d'Ungava... 
Emprisonnant le Temps...

On finit par s'asseoir à l'abri du vent, offrant nos visages à Galarneau, avant de faire à l'inverse, notre inexistante route...

Le reste de l'après-midi nous fila entre les doigts, entre les mots.

La "huitième" s'éteignit sous les notes de Tiny Ruins*..."
*  https://www.youtube.com/watch?v=_HJOl_a0Sqs
"La Sainte Paix", Kuujuaq, mai 2016

"Immensité", Kuujjuaq, mai 2016

"Dégel en cours", Kuujjuaq, mai 2016

Commentaires

Zoreilles a dit…
Je suis d'accord avec toi, l'endroit où l'on voit toutes ces croix blanches, avec l'immensité autour, ça apaise, ça impose le respect et le silence recueilli.

J'aime beaucoup ton mot « emmaisonnée »!
L'invention de mots qui déplaît parfois à mon "correcteur en chef"...
Les églises et les cimetières ont le don de m'apaiser...
C'est moins dispendieux que des sessions chez un psy...
;-)

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...