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Moi, mon bon moment c’est…



… quand je suis allée visiter Papa Fitzsou en fin d’avant-midi. À mon arrivée, il était assis à une table de la salle à manger, calme et serein, laissant retomber de Temps à autre, ses paupières lourdes de Vie. 

Je l’ai embrassé après lui avoir demandé si je le pouvais. S’il me reconnaissait… « Ben oui, ben oui. Ma p’tite sœur… » 

Oups! Euh…Non, pas ta p’tite sœur!

« Je suis l’une de tes filles Papa. »

« Ben oui. Là je te reconnais!... » 

Cré beau Papa Fitzsou! 

Comme souvent selon notre habitude, nous avons longé le corridor est  pour aller voir couler la brune Harricana. Revenant sur nos pas, nous avons parcouru la moitié du corridor ouest avant que je n’observe une légère hésitation au niveau de ses genoux. J’ai proposé un demi-tour. Il a accepté.

Nous sommes allés nous asseoir au bout du corridor sud. Pour jaser. De lui et de ses souvenirs. De ce qu’il en reste quand je lui raconte. Il aime ça. Il sourit. Il est heureux. Parce qu’il vit. Son moment présent. Et rien de plus… Et je l’admire pour ça. Pour cette sagesse qu’il a, d’accepter les choses qu’il ne peut changer…

Pendant cette courte période de présence au CHSLD, j’ai eu des contacts avec trois des préposées et un membre du personnel infirmier. Toutes avenantes, souriantes, polies, charmantes avec mon père. Et avec moi. Comme elles le sont d’habitude. Depuis maintenant presque un an. 

Depuis que Papa Fitzsou vit au quatrième étage de ce Centre d’hébergement.

À l’occasion quand je quitte,  je m’approche du poste et je les remercie pour les soins qu’elles donnent à mon Père. Ce midi, je n’y ai pas pensé. Pourtant, c’est aujourd’hui qu’elles en auraient eu le plus besoin.

 À cause de la nouvelle qui avait explosé dans les médias sur l’heure du repas… 

Commentaires

Zoreilles a dit…
Cette nouvelle qui a explosé dans nos médias hier, elle m'a brisé le cœur... Pour mille raisons : d'abord, je me suis sentie solidaire avec ces familles qui ont un parent hébergé, ces familles qui, tout en assurant une présence soutenue et aidante, ne peuvent qu'être solidaires aussi des préposés(es), infirmières et l'ensemble du personnel si dévoué, si efficace mais trop souvent débordé parce que les besoins sont infinis.

Dans le cas dont on parle ici, ce qui est dommage, c'est que le chemin semble avoir été long et compliqué pour en venir à être entendu et écouté par les institutions concernées. Si c'est finalement le Protecteur du citoyen qui a dû intervenir, c'est donc que toutes les instances informées auparavant dans la chaîne d'intervention ont fait la sourde oreille?

Les personnes hébergées dans les CHSLD n'ont plus de ressources et s'ils n'ont pas de famille présente autour d'eux, qui va s'impliquer pour qu'elles reçoivent un minimum de soins?

Ton papa Fitzsou est très attachant, chaque fois que tu en parles, je sens tout l'amour qui vous unit et ça me fait chaud au cœur.

Dommage Zoreilles... il me semblait avoir longuement répondu à ton commentaire... J'ai dû oublier d'enregistrer avant de fermer.
Je suis d'accord avec ce que tu dis. Il faut être les voix de ceux et celles qui ne peuvent plus s'exprimer mais quand une telle nouvelle sort, il faut aussi avoir l'ouverture de supposer qu'il y avait possiblement des explications aux actes reprochés.
En ce qui me concerne, je n'ai jamais eu connaissance lors de mes passages, des horreurs décrites par les médias. Papa reçoit de bons soins, le personnel fait du bon boulot. C'est ça qui est dommage... qu'on ne lance que le négatif...
Je comprends aussi que lorsqu'une plainte est reçue au Protecteur du Citoyen, c'est qu'il y a quelque situation à régler. J'espère juste que ça le sera, sans que ce ne soit au détriment de ceux et celles qui se dévouent pour les personnes hébergées.

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