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L'automne de mes 17 ans...



… je vivais à Rouyn, à la résidence des « filles » du Collège du Nord-Ouest, comme on l’appelait à l’époque… J’étudiais en techniques infirmières, le cœur lourd d’un amour à distance et la cervelle pleine d’incertitude face à mon choix professionnel…

Lorsque j’en avais assez d’étudier, j’ouvrais la porte de ma chambre. Ça signifiait pour mes amies, que j’acceptais d’être dérangée… ou je partais en cavale dans les corridors, à la recherche de quelqu’un « à déranger »…

C’est dans cette résidence que j’ai commencé à fumer. Mes souvenirs sont vagues, mais il me semble qu’il y avait quelque part en-bas (j’ai habité au quatrième et au sixième étage!), une machine distributrice à cigarettes. J’avais acheté un paquet de Rothman’s… Je m’étais placé devant mon miroir et je me regardais exhaler la fumée comme le faisait les habitués… pour le cas où… quelqu’un m’offrirait une cigarette à la cafétéria… Je ne voulais pas avoir l’air de celle qui n’a jamais touché à ça… Je me pratiquais à voler de mes propres ailes

La pratique a perduré vingt ans…

C’était l’époque de l’insouciance… Pas de ménage ni d’épicerie à faire; ma mère faisait ma lessive les fins de semaine (gênant quand j’y repense…). Mes seuls comptes à rendre s’inscrivaient sur mon relevé de notes à la fin du trimestre…

La belle vie quoi!...

Trente-cinq ans plus tard, je me retrouve à vivre dans une « commune ». Je me déplace toujours à pied, je fais de minuscules réserves de provisions, mes comptes se paient tous seuls (!)…

Quand j’arrive de travailler le soir, je laisse la porte de mon 2 ½ ouverte… Si Kuujju est dans le coin, elle viendra me voir en attendant que son maître revienne…

Ce soir, elle s’est couchée sur le seuil… comme une gardienne… Elle n’a bougé que lorsqu’elle a reconnu les pas de son « père »…

La belle vie quoi!...

Commentaires

Sally Fée a dit…
Tiens, je ne me souvenais pas que tu avais déjà fumé; moi, je me contentais, la plupart du temps, de prendre des "puf" après les cigarettes des autres.

L'été venu, si je laissais ma porte entrouverte, je connais tout plein de chats qui viendraient inspecter les lieux. D'abord ce serait TiProut (eurk! quel nom!), puis Gigaboule et Potironne. Il y aurait sûrement Gropoilugris, mon amie Mitaine qui vit en haut et cet inconnu, le méfiant tigré à collier.

Bon, on peut pas toutes avoir une meute de chiens à ses pieds.

:O)
Tu sais quoi? J'ai même déjà fumé la pipe, du temps où je travaillais au Centre Normand... Une fine pipe or, au fourneau garni de fausses pierres précieuses... Quelle bizarre d'infirmière je pouvais faire!...

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