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À tort ou à raison


La journée était une fois de plus, magnifique. Le soleil en profitait pour chauffer les couennes déjà cuivrées par le doux été. La chaleur était bonne sans être trop. C’était une franche invite au farniente à la mode d’autrefois. Et pour ce faire, St-Placide se prêtait bien au jeu. 
 
Sous la grande tente en toile blanche, les musiciens pratiquaient leurs notes. Petit à petit, les gens envahissaient la pente gazonnée, installant chaises et parasols en une imparfaite plantation. Devant eux, le lac des Deux Montagnes déroulait inlassablement ses vagues l’une derrière l’autre, dans une cadence qu’on aurait dit calculée. 

C’est alors qu’Elle arriva…

Cette Femme à la longue chevelure grisée par le passage du Temps avait pris place juste devant Fitzsou. Ce n’était pas la première fois que cette dernière la remarquait. À chacun de ses passages estivaux, elle l’avait aperçue, de près ou de loin, enveloppée de vêtements vaporeux flottant dans une liberté assumée. Son style, un brin fantaisiste, sa démarche ondulante, tout en elle décriait l’esprit bohème de sa personnalité.

Ce jour-là, Fitzsou n’avait pas du tout été surprise de la voir, tout de blanc vêtu, s’installer confortablement, les jambes bien étendues, sur une couverture blanche.

« Qui oserait utiliser du blanc sur de la verdure? » s’était-elle dit… 

À tort ou à raison, l’esprit en ébullition, Fitzsou lui avait imaginé une Vie de saltimbanque. Une quête hors décennies, se prolongeant jusqu’au bout de sa tignasse. Une poétesse en fusion, une romancière en réclusion, une musicienne sans violon. Une habituée de ces concerts en plein air que proposait le village de Vigneault.
 
Ce jour-là, à tort ou à raison, Fitzsou lui avait même sans savoir, inventé une sœur jumelle…
Wilson


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