Passer au contenu principal

Cinq ans de ma vie



« … Il neige ce matin sur Kuujjuaq. Quand vous lirez ces lignes, peut-être que le ciel se sera tu. Peut-être pas. Mais ce matin, je réalise bien que la pluie boude. Elle s’est figée en milliards de cristaux de glace. Je peux voir les bas côtés de la rue blanchir à vue d’œil. Quelques arbustes encore feuillus et verts, se balancent en un lent ballet sous le souffle d’un vent que je devine, assez frisquet.
 
La colline a revêtue son habit d’automne. Elle s’est parée d’or et de jaunures, d’orangés dérangés. Tout là-haut, le mélèze continue d’occuper son trône. Fort et résistant… Comme les gens d’ici…

J’essaie d’imaginer de quoi ont l’air les nuages, de l’autre côté. En cinq ans au Moyen-Nord Québécois, je peux dire que j’en aurai vu un puis un autre. Soufflés, de toutes formes, teintés de différentes couleurs, ballonnés, balounés, estropiés, transformés. 

Tiens, on dirait que je parle de moi…

Soudain il me semble que tout va trop vite. La  température, les journées, les semaines, les années. Physiquement parlant, je me sens vieillir à vitesse Grand V. Encore plus étrangement de ce temps-là, une microscopique partie de mon cerveau, m’incite à aller voir ailleurs si je n’y serais pas…

Mais ça je le sais déjà. Que j’y serai bientôt. Ça fait partie de l’Énigme… » 



Commentaires

Zoreilles a dit…
T'en fais pas, on a eu des petits flocons de neige nous autres aussi hier, à Rouyn-Noranda! Oh pas longtemps, pas beaucoup, mais juste assez pour nous confirmer ce qu'on nous annonce partout : un automne froid et pluvieux!

Mais plus sérieusement, moi aussi je me sens vieillir à la vitesse grand V ces temps-ci... J'ai plusieurs hypothèses que je ne veux pas trop fouiller, j'essaie plutôt de contrer le phénomène de mille façons. Comprenons-nous bien, je ne parle pas de mon extérieur mais de mon intérieur... ;o)
Bien drôle ton commentaire! Moi quand je dis que je vieillis à vitesse Grand V, j'inclus l'extérieur... ben en fait, l'intérieur (os, muscles, articulations douloureux)...
J'essaie de rajeunir l'intérieur par la méditation...
Histoire à suivre pour savoir jusqu'où ça me rajeunira!!!
Bonne journée! ;-)

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...