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1972...

... sur les rabats de mes poches, deux lettres brodées: « P P » ... Non pas les initiales de quelque jeunot pour qui mon coeur aurait soupiré...

« P P » pour « Pilote Privé »... À quinze ans, je rêvais d’épater la galerie en volant avec d’autres ailes...

... c’était l’époque, où je travaillais l’été « aux foins »... avec des gens de mon village qui possédaient une ferme et qui venaient faucher sur l’ancienne terre de mon grand-père...

... l’époque où je marchais, la plupart du temps, pieds nus...

... l’époque où je cueillais des fleurs sauvages, où je m’étendais dans l’herbe pour... simplement être et « me » laisser vivre...

2009...

... ce matin, je suis « montée » au champ, comme l’aurait fait un enfant... Sautillant, courant, enjambant les coulées d’îlots de graminées... J’ai marché aux abords des eaux brunâtres de l’Harricana, découvert un amoncellement de pierres de Fée (!)... J’ai laissé le soleil se jouer de moi...

... J’ai touché l’herbe caoutchouteuse du bout des doigts...

... J’ai humé les parfums des jeunes pousses feuillues des bouleaux et des trembles...

... J’ai admiré les bouquets géants, que formait la cime des arbres, érigée vers le ciel bleu...

... J’ai entendu le clapotis des vagues s’échouant sur la berge boueuse...

Et comment aurais-je pu mieux goûter à cet instant de pur bonheur, si ce n’est en avalant, avidement, une grande goulée d’air frais...

... étendue dans l’herbe, j’ai roupillé au milieu des pissenlits et des violettes sauvages...

... Comme en 1972...

Commentaires

Sally Fée a dit…
C'est gentil de partager avec nous ce gros morceau de bonheur qui sent bon l'été, l'herbe tendre et le ciel bleu.

:O)
C'est toujours un plaisir que de saupoudrer un peu de cette Abitibi un peu partout sur le Québec...

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Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

"Ce matin avec le soleil...

… talidam, talidam. Avec le soleil ce matin, je me suis levée … » Vous vous rappelez cette chanson de Corcoran-Gosselin? C’est vraiment ce que j’ai eu en tête en entrant dans la p’tite cuisine, de la p’tite maison faisant partie de ma… p’tite Vie? … À bien y penser, ben non!… Plutôt de ma grande et belle Vie! … Mon Sympathique Gendre p’tit-déjeunait, déjà presque prêt pour le travail… … Patch-a-one, la p’tite chatte à l’allure lionnée, faisait les cent pas, de la cuisine au salon, attendant impatiemment le retour de son amie, P’tit Bonheur, partie trotter depuis la nuit passée… … Méo, sagement couché avec sa p’tite sœur, ma Douceur ma Belle, demeurait tapi dans la chambre… En fait, seul le bruit de la pompe à eau rompait la quiétude du moment « présent »… C’est là que j’ai décidé d’en faire mon « p’tit bonheur du jour » sans savoir ce qui se présenterait plus tard. J’entame donc, très tôt, ce vol plané de bonne augure, toutes ailes déployées, prête à tout pour capter le moindre instan...