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Chemin de St-Rémi 1– Lettre à Francine



« … Chère Francine,
 
Nous avons pris la route sans carnet du marcheur, avec comme seul GPS, notre GBS*! Advienne que pourra! Nous irions de l’avant, toi et moi, à nos rythmes respectifs, avec respect et solidarité partagés.


Tu te souviens, dès le départ nous nous sommes arrêtées quelques instants dans l’église du village de St-Léon-de-Standon, comme si on voulait s’assurer de la bénédiction des cieux. 
Ou de quelques dieux… 
Ou vice-versa… 


Le vent soufflait si fort, et les nuages chapeautant nos têtes, laissaient présager une journée d’effort. Mais toi et moi, nous nous sentions aussi solides que les montagnes se découpant à l’horizon. Le Chemin « difficile » n’avait qu’à bien se tenir!


Fut-ce la chaleur, qui nous cloua le bec pendant la longue ascension de la route de la Montagne? Je ne saurais le dire. Chose certaine, quand nous nous retournions pour laisser planer nos regards au loin, on en avait presque le tournis. La chaleur s’élevait en même Temps que les mètres se perdaient sous nos pas alourdis par nos sacs portant la précieuse eau, nos victuailles et les quelques vêtements dont nous aurions besoin pendant notre pérégrination.


Les rafales te faisaient ravaler ta colère d’être prisonnière de ce fauteuil roulant. C’est avec courage et ténacité que tu as gravi toutes les montées.


Te souviens-tu de cette Jeune femme qui s’est arrêtée en plein milieu de l’ascension de la côte-qui-n’en-finissait-plus-de-monter, pour offrir à chacune un drumstick?  
Ciel que ça nous a fait du bien, une fois rendues au sommet, de s’asseoir dans l’herbe sur le bas-côté, pour le déguster! Précieuse première récompense!


C’est assise là, bien tranquille, que je repensai au gros bœuf en cavale sur la route, alors que je me rendais au village. En voiture. Fiou! Je n’aurais pas aimé une telle rencontre à pieds!


Les gens sur leur galerie nous jasaient ça. On se sentait comme des dignitaires ayant laissé derrière elles leurs pouvoirs, les troquant contre un vœu d’humilité...


3h33 – Nous sommes arrivées chez l’hébergeur. Tu as souri. Je me suis bien demandée à qui tu pouvais penser… Quelle coïncidence!

 

L’immense chalet du Domaine Faunique nous a accueillies avec ses moustiques, ses lacs, ses poules en liberté… et son manque d’électricité! 


Mais nous nous sommes bien débrouillées, habillées de nos coutumes de filles des bois. On a soupé, économisé l’eau et nous nous sommes couchées tôt, laissant derrière nous, ces premiers 12km.


Que de beaux souvenirs, n’est-ce pas Francine? Que dirais-tu, qu’un jour peut-être? ... 

Ton amie Fitzsou xoxoxo… »

* GBS : Gros Bon Sens

Commentaires

Zoreilles a dit…
Si cette Francine n'avait été en fauteuil roulant, je crois que je l'aurais pris personnel, hahaha!

Tes photos racontent presque aussi bien que toi. Et moi non plus, je ne peux pas passer devant une église sans y entrer. Il est étonnant de constater la richesse et la beauté de l'architecture des lieux, même dans un petit village... C'était une autre époque.

Le chemin est en montagne, tu dois te faire des mollets.

Je ne verrai plus jamais un « drumstick » de la même façon!!!
Écoute Zoreilles... je te jure que je n'y ai même pas pensé que ça aurait pu être toi, tellement j'étais imprégnée de la présence de "ma" Francine.
Avec toi, je pourrais bien un jour, marcher pour vrai!
Le Chemin était somme toute, facile. Le pire fut... Ah pis... attends... tu le sauras bien assez vite!!! ;-)

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