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Flamenco sans façon

La journée tire à sa fin sans faim. L’Amie J est à mes côtés et nous placotons depuis quelques heures quand son ventre à elle se mêle de la conversation. « Et si on allait marcher un peu et manger une croûte? » On s’habille et le temps de faire un très bref tour du proprio, nous marchons sur Berri, direction Vieux Port. Il fait froid, mais nous avons toutes deux suivi la même session d’adaptation au Nunavik. Sans être immunisées, nous sommes disons, habituées.

C’est la première fois que je découvre cette partie de la ville enveloppée dans sa froidure. La grande horloge s’élève, haute et fière, bravant les courants d’air glaciaux qui s’élancent au-dessus du Fleuve. Je regarde derrière moi, ces immeubles à condo et je tente de m’imaginer, habitant là, faisant de mon quotidien ces paysages encombrés, différents de tout ce que j’ai connu avant.

Facile à dire, difficile à faire…

Nous reprenons la marche : rue Bonsecours, La Maison du Père, Champs-de-Mars, Gosford… Tiens, mais qu’est-ce que cette annonce qui pendouille sur le mur du Balcon*? Le 27 février, mais c’est ce soir!… Souper-concert Flamenco… C’est bizarre. Il n’y a pas vraiment beaucoup plus d’infos. « On va voir? » me dit l’Amie J. Je tire la lourde porte sans apparat et un escalier vertigineux se présente à nous. Tout en-haut, un petit carreau éclairé, comme on en voit dans les vestiaires. Un homme s’y pointe le bout du nez et…

… Nous voilà assises, devant un pavé de saumon. La salle est vide. Seuls un couple d’amoureux alanguis par les années se regardent dans les yeux une table plus loin…

… Le gâteau mousse est délicieux. La salle est maintenant remplie à son comble. Soudain les lumières se métamorphosent et une grande dame vêtue d’une longue jupe blanche à triple volants au-bas se glisse sur l’espace laissé dégagé depuis le début. Une jeune femme s’assoit, enfourchant sa guitare et un jeune homme s’installe auprès d’elle sur l’une de ces nouvelles caisses de résonnance.

Et ça commence…

Nous sommes transportées par des chansons pleureuses, et des danses d’un extrême doigté. Du Vieux-Montréal, nous voilà en Espagne, le ventre plein et le bonheur au creux de la main.

C’est ça que j’aime, de « la » Montréal…

* nom de l’endroit où nous nous sommes posées… et où l'on découvre qu’une fois par mois, on y fait une soirée full célibataires… hum… ça risque de devenir un éventuel billet qui pourrait s’intituler : « Célibataire sans façon… »

Commentaires

Zoreilles a dit…
Toujours un bonheur de te lire!
Toujours un bonheur d'écrire même si je traverse présentement un creux de vague. Février...

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« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

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