Passer au contenu principal

Par un beau dimanche à Kuujjuaq...



La neige craquait sous nos pas. L’air expulsé de nos poumons demeurait suspendu un court instant dans le silence établi de la colline. La Koksoak s’étendait langoureusement immobile sous ses tonnes de glace. L’espace nous appartenait et on l’occupait entièrement.
 
Nous étions parties avec l’idée d’affronter un moins quarante-et-un avec facteur éolien. Nous nous sommes retrouvées sous un soleil qui se donnait des allures printanières. Pour un peu on l’aurait cru. Des projets se mirent à fleurir dans nos esprits échauffés : feu de camp et sandwich grillé ne sauraient tarder!

L’Amie Sue se faufilait sur les rochers, reconnaissant ici la gueulée, là, l’île, repère de la descente vers les berges. À certains points, la beauté nous oppressait tellement, que l’on devait s’arrêter pour admirer béatement ce qui s’offrait sous nos yeux. L’hiver allait bon train au Nunavik, et bien vêtues, nous avions décidé d’en profiter au maximum de ce que nous permettait notre fin de semaine de congé.

Depuis quelques temps, une jeune chienne noire apprécie et partage avec nous ces moments de grâce. Nous l’avons baptisée Achille, comme dans « Achille-sur-nos-talons ». Elle gambade tout autour, nous laissant peu de répit quand on décide de prendre place sur nos sièges de glace. Malaisé de déterminer sa race mais elle a de bonnes grosses pattes et un doux caractère. Et sa robe est tellement noire! Seuls quelques rares poils blancs percent son poitrail. 

Difficile de résister à l’adopter… 

… mais on tient le coup!

"Achille et l'Amie Sue", Kuujjuaq, février 2014

Commentaires

Zoreilles a dit…
Merci de nous avoir fait partager ton dimanche!

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Cher Papa

Amos, 10 mai 2018   Cher Papa,  On dit que «  la Vie ne tient qu’à un fil  »… J’ajouterais que si on a le malheur de perdre un jour l’horizon de vue, le lien se rompt, annonçant le départ pour l’ultime envolée… Ce Temps est arrivé pour toi. Tu as passé une bonne partie de cette Vie dans le ciel. Entre ciel et terre. Tu éprouvais plus grande satisfaction à imiter le vol de l’oiseau, plutôt que la Vie d’un poisson, même si en réalité, tu en étais un heureux mélange, étant donné ta naissance, un jour de mars 1921… Tu as travaillé sans relâche, vaillamment et avec persévérance dans tout ce que tu entreprenais, que ce soit à transporter du gravier très jeune afin de tracer des parcelles de chemins abitibiens, ou à faire l’élevage à la dure, d’une centaine de visons, ou encore, à avoir les doigts noircis par l’huile des moteurs de tes grands oiseaux métalliques. Lentement mais sûrement, tu as avancé à grands coups d’épaules dans la Vie.  97 a...