Passer au contenu principal

Petite Fée (suite et fin)

... elle offrait à tous et chacun, d’essayer l’une ou l’autre des Vies Imaginaires cousues pendant la nuit. Certaines allaient parfaitement, et permettaient alors à ces gens de repartir heureux. Ils reprenaient leur petit bonhomme de chemin, sans poser de question, portant leur nouvelle vie, comme on porte un nouvel habit.

Pour d’autres, l’essayage était compliqué. Cela demandait certains ajustements. Petite Fée sortait alors de son panier d’illusion, avantages matériels, ou encore petits bénéfices qui finissaient par plaire à tous et chacun. Cela prenait du temps, mais toujours elle arrivait à satisfaire tout son monde, même les plus exigeants...

Le temps passait, les gens changeaient... Leurs nouvelles Vies leur donnaient des ailes... Bientôt, il n’y eut dans le village que quelques personnes n’ayant pas encore de Vies Imaginaires bien à elles.
Petite Fée était de plus en plus fatiguée, mais par altruisme, elle ne pouvait les abandonner...

Il ne restait que quelques jours avant que ne soit écoulé le délai pour conjurer le mauvais sort...

À la fin d’une longue nuit de travail, mettant la touche finale à ce qu’elle croyait la plus belle de ses Vies Imaginaires créées, elle sortit dehors accueillir le soleil levant dans toute sa splendeur... Elle entendit, montant du village, exclamations d’émerveillement... Elle avait réussi... Enfin presque...

Seule une longue plainte la ramena à la réalité. Elle s’empressa de jeter un châle sur ses frêles épaules, et parcourut rapidement le chemin la séparant de la place publique. À cet endroit, elle retrouva une très vieille dame, les cheveux blanchis par le temps, le dos courbé par le poids des malheurs...

« Comme il y avait longtemps que je t’espérais », dit-elle.

« Je suis là, allez, enfilez moi cette Vie », lui répondit Petite Fée.

« Mais pourquoi le ferais-je maintenant que je suis si vieille et aigrie? », reprit la dame.

« Parce que c’est la Vie de l’Éternel Recommencement, celle qui vous permettra de croire que rien n’est jamais vraiment fini... »...

Commentaires

Sally Fée a dit…
J'aime beaucoup... cette histoire est brodée d'espoir et cousue d'amour.

Bravo Mon Ange!

:O)

PS: Encore...

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Je te dis adieu

Notre rencontre avait été fortuite. Toi isolé; moi réceptive. Tu m’étais apparu, sobrement coloré de cette indéfinissable teinte pâlotte. Un bref coup d’œil et j’étais tombée sous le charme. Sous ton charme .   Ensemble nous avons peaufiné nos vécus. Honnêtement, sans faux ramages. Nous avons fait des plans. Les avons rendus à terme. Nous avons rêvé; échafaudé nos échauffourées. Sans être toujours d’accord sur les routes à suivre, jusque-là, nous avions réussi.  Mais, comme toute bonne chose à une fin… Elle est justement venue de façon inhabituelle et très abruptement. Cette fin. Partagée entre l’incompréhension, la colère et la tristesse, pour aboutir irrémédiablement, dans l’acceptation de tous ces instants sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, j’ai abdiqué. Te laisser partir. Te laisser sortir de ma Vie, toi avec qui je faisais curieuse union depuis plus de dix années… Le Temps a passé. L’usure de notre relation s’est insidieusement infiltrée dans ...