Passer au contenu principal

3 décembre: un beau cadeau...

...la journée précédente avait été difficile... j’étais dans l’attente passant entre diverses mains, recevant divers soins...
...la soirée fut tout aussi pénible, j’avais mal, ce mal grandissant, lancinant, heurtant mon corps avec violence, sans relâche, sans me laisser reprendre mon souffle, sans espoir de délivrance...
La nuit se déroula comme dans un rêve ou plutôt, comme un cauchemar éveillé, où de courtes périodes d’inconscience s’intercalaient aux périodes de souffrance, me laissant pantoise, sur le bord d’un gouffre sans fond, tant la douleur était insoutenable...
Puis tout se mit à prendre un rythme en accéléré: il y eut des gens autour de moi qui s’activaient, me parlaient, m’encourageaient...
Je sentis ma Douce Moitié Amputée tout près de moi, mais en même temps si loin, emprisonné dans son impuissance...
Des visages se succédèrent, des mots virevoltèrent...
...et tout à coup, un ange passa...
Moment de silence, dernier effort pour le coup d’envoi... puis ce gémissement, plutôt ce pleur, puis ma voix prénommant DMA dans un cri étouffé...
Sursaut de joie, de bonheur, éclat de ce qui me restait d’énergie...
...puis encore l’affairement autour de moi, je sentis l’inquiétude se répandre comme un voile...
...je prenais mon envol, je quittais cet endroit, je fermai les yeux, je voulais seulement me reposer...
DMA m’intima de rester éveillé... sa voix en rejoignit d’autres venues d’ailleurs... J’entendais un bruit, celui d’un jet de liquide qui s’écoule inexorablement, comme un robinet qui fuit...
Puis ce coup, dans le fin fond de mes entrailles meurtries, membre intrus s’insurgeant en moi, comme dans un geste de désespoir...
...le calme est revenu, j’ai ouvert les yeux... Je compris que c’était vraiment fini...
...Mon Grand, tu es l’un des deux plus beaux cadeaux au monde, qu’il m’ait été permis de recevoir... il y a de cela 22 années passées... ce 3 décembre 1986...
...Je t’aime « gros comme d’ici à la lune »...

Commentaires

Anonyme a dit…
Difficile à croire hein, qu'après tant de douleur, un si beau cadeau !!!
Est-ce analogique à...?
Deux «L»
...espèce de sympathique "songée"...

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Cher Papa

Amos, 10 mai 2018   Cher Papa,  On dit que «  la Vie ne tient qu’à un fil  »… J’ajouterais que si on a le malheur de perdre un jour l’horizon de vue, le lien se rompt, annonçant le départ pour l’ultime envolée… Ce Temps est arrivé pour toi. Tu as passé une bonne partie de cette Vie dans le ciel. Entre ciel et terre. Tu éprouvais plus grande satisfaction à imiter le vol de l’oiseau, plutôt que la Vie d’un poisson, même si en réalité, tu en étais un heureux mélange, étant donné ta naissance, un jour de mars 1921… Tu as travaillé sans relâche, vaillamment et avec persévérance dans tout ce que tu entreprenais, que ce soit à transporter du gravier très jeune afin de tracer des parcelles de chemins abitibiens, ou à faire l’élevage à la dure, d’une centaine de visons, ou encore, à avoir les doigts noircis par l’huile des moteurs de tes grands oiseaux métalliques. Lentement mais sûrement, tu as avancé à grands coups d’épaules dans la Vie.  97 a...