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Rase-mottes...

Lorsque j’ « atterris » enfin, après avoir « survolé » une route enneigée sur laquelle je laissai traîner mes ailes, seules et uniques empreintes des derniers kilomètres menant à mon camp, ce fut pour me retrouver en plein désert, tout comme St-Exupéry!...

Tout ce à quoi j’étais habituée depuis plusieurs années, était disparu, envolé...

La forêt enchanté s’était métamorphosée en une espèce d’hécatombe végétale. Il s’y dressait bien encore, ici et là, quelques « braves », ouvrant désespérément leurs bras au néant... Rien de plus qu’une désolante désolation...

Je ne savais trop où enligner mes pas tremblants. J’étais seule, il fallait que je m’y retrouve...

J’ai regardé tout mon bagage: vivres, eau, matériaux, outils... Tant pis, j’abandonnai le tout, là où il se trouvait et partis bravement, affronter ce nouveau coup du sort...

Mon parcours fut parsemé d’embûches! Je contournai moult obstacles, trébuchai à plusieurs reprises, allant même jusqu’à chuter!...
Je protégeais mon P’tit Bonheur du mieux que je le pouvais... Terrifiée, je la sentais trembler dans mes bras...
Je progressais lentement, cherchant un indice, vestiges d’un passé pas si lointain, refusant de rebrousser chemin, ou encore de m’admettre vaincue avant même d’avoir tenté d’essayer quoi que ce soit...

Après de longues minutes de marche, je reconnus l’embryon d’un ancien sentier. J’arrivai dès lors, rapidement à destination, soulagée de constater que tout était intact. Mon précieux trésor était préservé!

Mais je devais retourner chercher ce que j’avais laissé en plan...

Je ramassai un rudimentaire traîneau, qui, je l’espérais, me permettrais de tout rapporter en un seul voyage. Le trajet inverse se fit plus facilement, le repérage étant facilité.
Je chargeai l’imitation de luge. Seules les planches, devant parachever les cadrages extérieurs, n’y trouvèrent place. Tant pis! Ce serait mon activité de demain...
Un proverbe me vint alors à l’esprit: « À coeur vaillant, rien d’impossible. » Et pas à pas, tirant mon lourd attribut, peinant, soufflant, sentant mon coeur battre à tout rompre, j'entrepris la traversée de cette immense et perfide étendue...
Épilogue:
Je n’ai pas vu de Petit Prince, mais un bon Roi apparut et m’offrit d’aller quérir mes planches. Ce que j’acceptai avec empressement. Même sur le bruyant engin, il fut ardu de traverser cet immonde bûcher qui sépare maintenant la route, de la petite lisière de bois entourant toujours mon petit « camp de filles »...

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