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C’était Kuujjuaq, un 4 septembre…


J’étais à l’aérogare. J’attendais le vol qui me ramènerait à Montréal, d’où après une nuit de repos (je l’espérais), je prendrais la route vers l’Abitibi.
 
Assise depuis plus d’une heure, mes pensées me perdaient. Parfois une douleur sourde, comme un coup de poignard, me surprenait et me coupait le souffle. Au même moment, non loin de moi, trois belles Dames Inuit murmuraient leur Inuktitut aux intonations chantantes, douce litanie pour apaiser ma mélancolie.

Comme une berceuse… J’aurais tant aimé que tu puisses l’entendre ma Puce… 

Dehors le temps présentait sa grisaille. J’observais le va-et-vient des travailleurs sur le tarmac. Celui de la Dame de l’entretien ménager, s’affairant à effacer les traces de doigts laissées par les enfants sur les immenses vitrines. Éloge à la lenteur…

Plus tard…

C’était maintenant le souffle des réacteurs qui me berçaient. Le soleil tentait tant bien que mal de réchauffer ma peine en me plombant le cerveau. J’aurais tant aimé être de marbre…

Peine perdue…

Pourtant en bas, tout était si beau. De vifs éclats miroitants, réverbéraient les rayons solaires parmi les mousses étiolées des nuages. Par le hublot je voyais, solide et réconfortante, l’aile de l’appareil m’offrant ce soutien dont j’avais tant besoin. 

... Pour assumer et vivre la peine que j’avais de votre peine…

Sympathies…


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