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Un billet...

... né dans le P’tit Nord, là où le temps qui passe, ne fait que passer pour devenir passé...

Déjà, l’avant-midi court vers son dîner... Le minuscule poste de radio égrène en sourdine ses lyrismes classiques, les tasses de café se succèdent, toutes aussi réconfortantes les unes que les autres...

Beaucoup d’écriture ce matin: dans mon journal de camp, une lettre à un ami, ce billet...

Je me sens étrangement sereine; peut-être l’effet de mon réveil à neuf heures... À moins que ce ne soit le jeu des rayons du soleil se faufilant entre les feuilles tremblotantes, sautant d’arbre en arbre, dans une éternelle poursuite imaginaire...

J’ai relevé le défi de la noirceur hier. Je me suis rendue chez mes voisins de camp, les B., et en suis revenue au clair de lune et lampe frontale, seule avec mon ami Méo, sur ce chemin isolé du P’tit Nord... Quinze minutes de marche, sans peur ni regret... Comme un gars l’aurait fait!...

À mi-bûcher, nous avons fait une étrange rencontre: une « chatte » noire, au bout de queue blanche, nous passa soudain sous le nez. Méo, dans un élan d’affection, tenta un rapprochement. Mal lui en prit: un léger avertissement lui fut servi...

Et plus loin, dans la coulée aux ponceaux envolés, notre amie qui déambulait droit devant nous, sans que nous nous en rendîmes compte, nous avisa une bonne fois pour toutes, de sa peur...

Pouah!...

Pour finir, je crois bien avoir rêvé...

« ... j’admirais la lune et ses acolytes, assise sur une souche devant le bûcher... Minuit sonna...
... Au même instant, surgit à l’horizon, un mystérieux visiteur... Je me dirigeai vers lui et l’entraînai sans crainte vers mon camp...
... Après quelques heures à partager une douce intimité, je le reconduisis jusqu’au chemin et le quittai sans me retourner, sans même un dernier
signe de la main...
... Me retrouvant seule en pleine nuit une fois de plus, je revins à mon refuge, armée de mon seul courage... J’en conclus que jamais plus je ne craindrai tout ce qui peut être obscur*... »

Mais alors, ai-je aussi rêvé m’être empiffrée en pleine nuit, d’une « rosette » à l’alléchante crème rose et d’un breuvage de soya au chocolat??

Non, mais vraiment! Que croire?...

* sombre, qui n’est pas ou qui est mal éclairé; peu connu, effacé; difficile à comprendre...



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