Passer au contenu principal

2- La frontière et Shavertown, PA

"... La route s'offrait à moi, neuve, secrète. L'Ami Yvan m'avait suggéré de traverser la frontière à Thousand Islands, ce qui avait motivé le détour par Gatineau. Je rejoindrais de là, la route 81, celle utilisée en bonne partie par les camionneurs.
Le douanier au poste frontalier posa le fameux pourquoi-je-voyageais-seule. "Nobody want to travel with me... Don't know why!" lui répondis-je. Il me sourit, poursuivant ses questionnements dans un français aussi boiteux que l'était mon anglais, tout en jetant un oeil amusé sur Wilson, sagement assis à l'avant. 
Mon tour de sourire... L'important, c'était qu'on se comprenait!... (ce qui n'est pas toujours le cas, avouez, même quand on parle la même langue...)

Les premiers milles s'offrirent à moi sous un soleil éclaboussant de ses rayons, l'habitacle de Petit Escape. La radio joua une chanson anglaise ne contenant qu'une seule phrase en français:"C'est un nouveau départ, un nouveau chapitre, une nouvelle saison..." Quelque chose du genre...
Wow! Je flottais!

Ce jour-là, je croisai des centaines d'outardes, zébrant le ciel de leurs incompréhensibles dessins. Leurs incompréhensibles destins... Elles repartaient vers le nord,  j'allais vers le sud... et j'étais loin d'être rendue!
À Syracuse, une neige épaisse s'était mise à tomber. La visibilité devint passable. "T'avais raison Yvan, ça duré une heure quinze, top chrono! Les montagnes et le grand lac Ontario n'est-ce pas?"

Arrivée à Shavertown (PA) Madge localisa facilement la maison Airbnb où nous dormirions. Avant de m'installer, je retournai à Trucksville faire le plein à une petite station service où le pompiste me fit passer un interrogatoire en règle... "Are you alone?", "Where is your husband?", "Do you have any children?"* À mes réponses bringuebalantes, il finit par demander: " You don't speak English?". "Yes I do. The proof: I want to fill up! That's it!
Assez niaisé, j'avais faim!

Je pris une bouchée à la pizzaria voisine, sorte de resto-musée rempli à craquer d'objets hétéroclites de collectionneur (tu aurais aimé Ami Nib). Il y avait même un train qui en faisait inlassablement le tour au plafond... Particulier...
C'est à cet endroit que je bus la seule et unique bière red de tout le voyage... On m'apporta une Redd's, Apple ale... Brrrk!

Quand j'y repense, un sourire niais flotte encore sur mon visage..."

*Il est fort possible que ce que je rapporte en anglais ne respecte pas les règles de l'art... cette langue étant ce qu'elle est pour moi... Je me fous de ne pas bien parler. Quand les mots ne suffisent pas, je joins les gestes à la parole. Ça fonctionne à tout coup! De tout le voyage, on me prit toujours pour une Française de France... "No, no! I'm French Canadian!!"... Du coup (!), les gens devenaient plus sympathiques...
Toutes mes excuses auprès de ceux-celles, parfaitement bilingues...

Commentaires

Zoreilles a dit…
J'ai été si occupée dernièrement que je ne pouvais venir te lire et continuer le voyage. Ça m'appelait tout le temps et pourtant... Alors, cet après-midi, je prends un petit 15 minutes pour continuer ce beau voyage en ta compagnie.

Eh que j'avais hâte!
Et je constate Zoreilles que tu as laissé un commentaire à chacun des billets. À mon tour de te lire avec plaisir.
J'espère que tu auras fait bon voyage... ;-)

Messages les plus consultés de ce blogue

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

"Ce matin avec le soleil...

… talidam, talidam. Avec le soleil ce matin, je me suis levée … » Vous vous rappelez cette chanson de Corcoran-Gosselin? C’est vraiment ce que j’ai eu en tête en entrant dans la p’tite cuisine, de la p’tite maison faisant partie de ma… p’tite Vie? … À bien y penser, ben non!… Plutôt de ma grande et belle Vie! … Mon Sympathique Gendre p’tit-déjeunait, déjà presque prêt pour le travail… … Patch-a-one, la p’tite chatte à l’allure lionnée, faisait les cent pas, de la cuisine au salon, attendant impatiemment le retour de son amie, P’tit Bonheur, partie trotter depuis la nuit passée… … Méo, sagement couché avec sa p’tite sœur, ma Douceur ma Belle, demeurait tapi dans la chambre… En fait, seul le bruit de la pompe à eau rompait la quiétude du moment « présent »… C’est là que j’ai décidé d’en faire mon « p’tit bonheur du jour » sans savoir ce qui se présenterait plus tard. J’entame donc, très tôt, ce vol plané de bonne augure, toutes ailes déployées, prête à tout pour capter le moindre instan...