jeudi 20 avril 2017

2- La frontière et Shavertown, PA

"... La route s'offrait à moi, neuve, secrète. L'Ami Yvan m'avait suggéré de traverser la frontière à Thousand Islands, ce qui avait motivé le détour par Gatineau. Je rejoindrais de là, la route 81, celle utilisée en bonne partie par les camionneurs.
Le douanier au poste frontalier posa le fameux pourquoi-je-voyageais-seule. "Nobody want to travel with me... Don't know why!" lui répondis-je. Il me sourit, poursuivant ses questionnements dans un français aussi boiteux que l'était mon anglais, tout en jetant un oeil amusé sur Wilson, sagement assis à l'avant. 
Mon tour de sourire... L'important, c'était qu'on se comprenait!... (ce qui n'est pas toujours le cas, avouez, même quand on parle la même langue...)

Les premiers milles s'offrirent à moi sous un soleil éclaboussant de ses rayons, l'habitacle de Petit Escape. La radio joua une chanson anglaise ne contenant qu'une seule phrase en français:"C'est un nouveau départ, un nouveau chapitre, une nouvelle saison..." Quelque chose du genre...
Wow! Je flottais!

Ce jour-là, je croisai des centaines d'outardes, zébrant le ciel de leurs incompréhensibles dessins. Leurs incompréhensibles destins... Elles repartaient vers le nord,  j'allais vers le sud... et j'étais loin d'être rendue!
À Syracuse, une neige épaisse s'était mise à tomber. La visibilité devint passable. "T'avais raison Yvan, ça duré une heure quinze, top chrono! Les montagnes et le grand lac Ontario n'est-ce pas?"

Arrivée à Shavertown (PA) Madge localisa facilement la maison Airbnb où nous dormirions. Avant de m'installer, je retournai à Trucksville faire le plein à une petite station service où le pompiste me fit passer un interrogatoire en règle... "Are you alone?", "Where is your husband?", "Do you have any children?"* À mes réponses bringuebalantes, il finit par demander: " You don't speak English?". "Yes I do. The proof: I want to fill up! That's it!
Assez niaisé, j'avais faim!

Je pris une bouchée à la pizzaria voisine, sorte de resto-musée rempli à craquer d'objets hétéroclites de collectionneur (tu aurais aimé Ami Nib). Il y avait même un train qui en faisait inlassablement le tour au plafond... Particulier...
C'est à cet endroit que je bus la seule et unique bière red de tout le voyage... On m'apporta une Redd's, Apple ale... Brrrk!

Quand j'y repense, un sourire niais flotte encore sur mon visage..."

*Il est fort possible que ce que je rapporte en anglais ne respecte pas les règles de l'art... cette langue étant ce qu'elle est pour moi... Je me fous de ne pas bien parler. Quand les mots ne suffisent pas, je joins les gestes à la parole. Ça fonctionne à tout coup! De tout le voyage, on me prit toujours pour une Française de France... "No, no! I'm French Canadian!!"... Du coup (!), les gens devenaient plus sympathiques...
Toutes mes excuses auprès de ceux-celles, parfaitement bilingues...

2 commentaires:

Zoreilles a dit...

J'ai été si occupée dernièrement que je ne pouvais venir te lire et continuer le voyage. Ça m'appelait tout le temps et pourtant... Alors, cet après-midi, je prends un petit 15 minutes pour continuer ce beau voyage en ta compagnie.

Eh que j'avais hâte!

Fitzsou, l'ange-aérien a dit...

Et je constate Zoreilles que tu as laissé un commentaire à chacun des billets. À mon tour de te lire avec plaisir.
J'espère que tu auras fait bon voyage... ;-)

Et si je vous jasais ça?

Elles mirent plus de seize heures pour rouler les 1400 kilomètres séparant Amos d’Alma. Alma d’Amos. Entre les deux, elles avaient péd...