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L’arbre de Vérolo



« … Le ciel était d’un gris absurde après les vingt-huit degrés de la semaine précédente. Je m’étais même faite confirmer que je n’avais point halluciné, et que ce matin, y’avait eu quelques flocons, aperçus, descendant du ciel. Faut le faire, un dix-neuf de juin!...
 
… Mais tu sais quoi Vérolo? Y’avait un je-ne-sais-quoi d’accablant dans cette journée tristounette. Après avoir écouté « The story of us », une histoire empruntée au Wellness-Center-for-a-while, j’avais un peu les yeux pleins d’eau de solitude, quand ils se sont subtilement posés sur le mélèze isolé, tu sais, celui qui balance ses branches aux quatre vents en tout temps… C’est lui, qui m’a fait craquer. Me suis dit qu’il fallait que je l’écrive. Que je te l’écrive… Maintenant que tu sais comment je procède

… J’ai glissé un autre DVD dans le lecteur. C’est difficile de retomber dans l’isolement après avoir connu quelques semaines de partage, de découvertes et d’étonnement. « Intolerable cruelty »… C’est le titre…

… Et encore, le Mélèze… Il se trémousse sous mes yeux… Il bat la mesure  d’une quelconque musique imaginaire… De gauche à droite, lentement, délicatement… Lent ballet, lents mouvements. Danse lascive…

Pendant que je t’écris ces lignes, la nature continue de verdir la colline. L’arbre continue de gigoter. La boule de verre soufflée, suspendue à son mince fil de fer, persiste à cogner en un rythme torturant, la fenêtre, balayée par la chaleur du calorifère. Dans la rue, de jeunes filles, toutes emballées dans leur beauté, déambulent avec buts… Lesquels, je ne connais point… Mais lesquels, je doute fort…

Voilà. J’ai déballé mon cocon déserté… Me reste qu’à l’emmitoufler de nouveau, comme il était, avant ta venue… 

… Bonne continuité… sur l'Hudson... »

« Vérolo Tree », Kuujjuaq, 19 juin 2014

Commentaires

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Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

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