Passer au contenu principal

Écrire pour voir…



Saint-Ex* a écrit un jour : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux… »
 
Seize heures… Je quitte le bureau et décide d’accompagner le soleil pour un petit bout de chemin. Je prends par devant la garderie, le circuit qui mène sur la rue des maisons jaunes du KSB (Kativik School Board/Commission scolaire Kativik). 

Quand après quelques tournants, je longeai le boisé faisant office de garde-du-corps aux habitations colorées du KRG (Kativik Regional Government/Administration régionale Kativik), je réalisai que le décor ressemblait drôlement à ce que je pourrais retrouver sur un terrain de chalet, ou dans les environs d'un camp dans le bois, sur le bord d’un cours d’eau, quelque part dans un autre ailleurs. Les épinettes trônaient fières et vertes alors que les mélèzes gonflés d’orgueil, les dépassaient facilement d’une tête. Comme de grands hérons émergeant de nulle part, présentant aux vents, leurs timides brindilles à peine sorties du bois…

Et les senteurs… Ces senteurs de nature et de tourbières oubliées, semées au hasard par des glaciers depuis longtemps passés. Ceux qui laissent des traces, Ceux qui laissent leur trace… 

Passage obligé…

J’ai retenu mon souffle. Fallait que je me souvienne, encore, de ce que j’écrirais, de ce que je décrirais. Ces cimes s’élançant à cœur perdu, offrant leurs âmes aux plus offrants… Timides revenants…

J’ai voulu en cet instant précis, retenir le temps. Profitez du moment. J’ai donc aspiré Kuujjuaq d’un coup et j’ai gardé mon souffle… Jusqu’au lendemain… Parce qu’au fond c’est bien vrai…

…  « qu’on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel reste invisible pour les yeux…** »

*Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, Gallimard, 1946/1999
** Ange copiant un grand aviateur, disparu en vol le 31 juillet 1944


« Ce que l’on voit », Kuujjuaq, 10 juin 2014

Commentaires

Zoreilles a dit…
Quand je te lis, je deviens zen... Ta photo me fait le même effet.
Zoreilles: Cool!!!! Ça c'est un des plus beaux commentaires que j'ai pu recevoir!
Alors je poursuis... et l'écrit et les photos!
(dommage pour le billet de ce soir (La colère gronde), je n'avais pas mon appareil...
Une autre fois peut-être?...
Ça c'était vraiment, mais vraiment zen. Même te connaissant peu, je suis certaine que tu aurais aimé!

Messages les plus consultés de ce blogue

Jeune Sœur Chérie, te souviens-tu…

… du salon du livre à Ville-Marie en 2016? C’était Francine Ruel qui en était la présidente d’honneur. Assise parmi des milliers de livres, elle affichait un certain air que tu lui avais reflété en lui demandant si «  ça lui tentait d’être là … ».    As-tu écouté TLMP dimanche soir ? Moi si, et j’ai immédiatement repensé à cet épisode. Penses-tu que lors de ce salon, elle pouvait déjà être préoccupée par son fils? Si c’était le cas, effectivement ça ne devait pas lui tenter d’être là… Si ça correspond avec l’errance de son Étienne , ça expliquerait ce que «  cachait son âme   » ce jour-là…  N’est-ce pas? Mais tout ça n’est que supposition. Parce que dans le fond, on ne sait jamais ce qui se passe vraiment dans la tête des gens que l’on côtoie. Quelles sont leurs inquiétudes? Leurs préoccupations? Leurs priorités de Vie? Pour expliquer des comportements, on s’invente des histoires loufoques et on y croit. Triste. Je me lance un ...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...