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« La vie n’est qu’un long livre :



... chaque page nous surprend, nous attend. Les mots comme les minutes, courent d’un paragraphe à l’autre, d’une étape de vie à la suivante… »

2 juillet : c’était un mercredi soir. J’avais enfin pu prendre une bonne douche et du coup, j’en avais profité pour laver mon frugal lot de vêtements, choisis sûrement trop vite et sans réfléchir à tous ces jours de squattage que j’aurais à vivre en rase campagne. Le premier séjour tirait déjà à sa fin, le surlendemain je plierais bagages pour filer vers d’autres lieux, un autre rendez-vous.

Depuis le début de la semaine, Méo se tenait peinard, mangeait peu, dormait tout le temps. J’avais pu constater qu’il était maintenant incapable d’embarquer seul, même sur le siège arrière de Petit Escape, et même de remonter les quatre marches qui le ramenait du quai à la terre ferme au camp de Tweety. Je prenais conscience de toute cette vie qui s’était écoulée depuis notre séparation, cinq années plus tôt. D’autre part…

Je visitais Papa Fitzsou à chaque jour. 

À chaque jour je lui réexpliquais patiemment, qui j’étais, d’où je venais et combien je l’aimais. 

À chaque jour, il m’accueillait comme si c’était le premier, la méconnaissance de la veille lui laissant toute latitude pour être simplement très surpris de me revoir, une fois de plus. 

« Bonjour Papa. C’est Moi, ta Fille de Kuujjuaq… »

« Ah oui hein? Kuujjuaq! Té rendue là-bas? »…

« Oui Papa. Depuis presque cinq ans… »

Il me disait alors qu’il était content de ma visite, qu’il me trouvait « dont belle » (!) et qu’il m’aimait. Il vivait chaque seconde de sa vie comme un seul et unique moment présent. Et moi je souriais de le voir si bienheureux…

Ce jour-là, j’étais aussi allée à l’entrepôt. J’y avais passé l’après-midi à déplacer, placer, replacer tout ce qui me restait de biens matériels, entassés dans ce cagibi de 14 X 16. J’étais toujours un peu surprise (et un peu découragée) de constater que j’avais beaucoup plus de choses encombrantes et inutiles que d’effets pratiques et compacts. Que ferais-je de cette maison miniature à l’échelle 1:12 de 36pces X 36 pces sur deux étages et toujours en construction? Et de cette réplique, elle aussi à l’échelle 1:12, d’un camp de chasse en rondins de 14pces X 16pces? Et tous ces outils empilés, ces pelles et râteaux, mais point de mobilier de salon, ni d’électroménagers... 

Curieuse Moi!... 

Après avoir bougé les pneus d’hiver trois fois plutôt qu’une, et juché le kayak rose-boue par-dessus, j’ai tiré la porte et enfermé à clé mon trousseau démodé. 
J’avais décidé que pour tout ça aussi, ce serait « histoire à suivre »…

"Papa Fitzsou", Trécesson, juillet 2014

"Vieux Méo", St-Mathieu d'Harricana, juillet 2014

Commentaires

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Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...

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