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Messages

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (11)

Un des premiers emplois de Théo avait été pour un certain Jos Simard. Il n’aimait pas beaucoup son patron pour diverses raisons. Et c’est pour ces diverses raisons qu’il « jumpa » cette première job. Sous l’œil désapprobateur de Misaël, il reprit le travail sur la construction de chemins. Les tâches étaient très difficiles pour son attelage de chevaux. Les camions n’existant pas, c’était eux qui tiraient les lourdes cargaisons de gravier. Théo lui, faisait l’ouvrage de bras : charger le voyage à la petite pelle, le décharger en défaisant la boîte de la remorque. Quatre à cinq voyages par jour. « De la grosse ouvrage » qui dura plusieurs années… Mais ses chevaux étaient beaucoup trop vieux pour ce genre de travail. Un jour, alors qu’il effectuait l’un de ces voyages, il dut dételer, faire le trajet à pied jusqu’à Malartic, coucher là-bas pour ensuite revenir chercher son voyage le lendemain matin. Lorsqu’il revint à la maison familiale et rac...

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (10)

... L’appareil qui effectuait la livraison du courrier à ce temps, était un Foxmoth.  L’engin dans un bruit d’enfer s’ébranla et s’envola vers le ciel. Théo venait de quitter le lac Stabel, lac longeant le lac Blouin. Comme il était le seul passager, le pilote fit son arrêt sur le lac Siscoe pour y prendre le courrier. Nouveau décollage.  À un moment, par le petit trou entre l’avant et l’arrière, le pilote lui demanda, en anglais à part ça, si tout allait bien,. « Tout va bien » répondit Théo... en français! L’avion se posa sur le lac Figuery, à l’ancien moulin à Fortin. C’était le bout de la terre de Misaël. Théo rentra à pied à la maison, un peu moins d’un kilomètre plus loin. Il touchait à peine le sol tellement il était excité de l’aventure qu’il venait de vivre.  Il avait maintenant la certitude que sa vie tournerait autour de l’aviation. Et il était vraiment loin d’avoir tort…

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (9)

Un jour de 1930, Théo était à nettoyer l’étable quand, sortant avec une brouette bien pleine, il s’arrêta un instant pour observer un avion traversant le ciel. Ça arrivait de plus en plus souvent d’en voir entre Amos et Vald’Or. C’était en partie à cause des prospecteurs qui utilisaient ce moyen de transport pour se déplacer entre leurs différents sites de prospection. « Si je pouvais apprendre à parler l’Anglais un jour, je pourrais peut-être arriver à piloter ça, un avion de même. » se disait Théo. Mais ses débuts dans la rude vie des adultes ne lui permettraient pas avant plusieurs années d’accomplir son rêve. Le père de Théo était un journalier. Il allait là où il y avait du travail en plus de prospecter de temps en temps. Un jour qu’il travaillait à faire du bois à la mine de Sullivan, la « Stabel », comme on l’appelait, l’un de ses chevaux se blessa et il demanda à Théo de venir lui porter l’un de ceux qui était resté sur la ferme. Théo remplit...

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (8)

Revenons quelques années en arrière, le temps d’une anecdote… Théo avait environ neuf ans quand il fut, avec son frère d’un an son cadet, initié à la corvée de bois. L'hiver en arrivant de l’école, ils se rendaient dans la forêt derrière la maison. Dans ce temps-là, il n’y avait pas de scie à chaîne. Ils utilisaient un « box-saw », qui ne coupait pas la moitié du temps puisqu’ils ne savaient pas comment l’affûter. Quand avec peine ils venaient à bout d’avoir quelques bûches, ils embarquaient le tout sur un traîneau tiré par le chien de famille. Poussant, tirant, la petite troupe réussissait à rentrer à la maison… De la misère… Le quotidien des jeunes de la campagne ne différait guère d’une journée à l’autre : traire les vaches, nourrir les animaux, faire le bois de chauffage. Les gars eux, avaient ajouté à leurs tâches, la capture de lièvres vivants, qu’ils emprisonnaient dans la grange et qui finissaient toujours dans le cuit-tout d’Aurore pour nour...

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (7)

Théo devait naître par un temps de froidure en mars 1921, dans un petit village de la Mauricie. Il serait le seul des seize enfants à voir le jour ailleurs qu’en Abitibi. Sa mère Aurore, enceinte de six mois, avait dû à la demande de son père, se rendre au chevet de sa mère agonisante. Sans qu’elle ne puisse rien changer au cours de la vie, cette dernière s’éteignit avant la fin de l’année, laissant dans le deuil, un mari fort éprouvé. Aurore resta donc pour prendre soin de la maisonnée pendant quelque temps. C’est là qu’elle accoucha tout naturellement du petit Théo. Elle ne revint en Abitibi, qu’u n peu plus tard, ce même printemps 1921. Troisième enfant du couple et premier garçon, Théo devint très jeune, l’aide dont son père Misaël, avait tant besoin pour le seconder auprès de la famille qui ne cessait de s’agrandir année après année. Comme son père tenait à ce que tous ses enfants aillent à l’école, Théo fréquenta celle du rang jusqu’en cinquième année. Cepend...