Passer au contenu principal

Voyage d'affaires

J’avais oublié de demander un hublot. J’avais bien espéré un peu que le « B » du siège 7 qui m’avait été assigné, puisse être lié au « B » de hublot… mais ce ne fut pas le cas… Je restai donc coincée près de l’homme à la carrure imposante et à l’abondante chevelure aux vagues ondulantes couleur de feu. Je renonçai rapidement à l’idée de lui faire un brin de causette de peur de provoquer une ire en ombrageant son « Soleil »*. Ce ne fut qu’arrivés tout près de Schefferville et après qu’il eut terminé d’imiter le Dormeur de la Belle au bois dormant, que nous échangeâmes juste assez pour nous trouver l’un et l’autre, sympathiques. Mais il était trop tard pour aller plus loin car Monsieur n’allait pas plus loin…

(!)

L’arrêt dura une vingtaine de minutes. Le soleil nous servait une amicale invite pour les semaines à venir. Bon présage. Nous les passâmes, l’Ami Ed, quelques autres voyageurs et moi-même, à l’extérieur de l’aérogare à profiter du moment présent et ce n’est qu’à l’embarquement que soudain…

… j’aperçus « l’homme de ma vie », dressé, tel un Dieu Grec, près de la vitrine faisant face à la piste d’atterrissage. Grand, beau comme un cœur, une casquette bien enfoncée sur son crâne (je sais ma Bonne Fée, j’entends ta pensée d’ici!...) d’où l’on apercevait de courts cheveux gris, des yeux couleur "ciel d’un premier juin"… L’Ami Ed en passant à côté de moi, me glissa à l’oreille un « En plus il est pilote… » mais  j’avais déjà fait le premier pas, lui demandant quel était le type d’appareil qui venait tout juste de se poser devant nous… « Un Skyvan » me répondit-il d’une amicale voix feutrée.

Voilà que mon cœur s’emballait déjà et mon imagination me projetait tête première dans une autre rocambolesque histoire. Ainsi va la ma vie… Mais l’histoire s’arrête là…

Mais j’allais oublier! Mardi soir en marchant le Vieux Québec, je me suis arrêtée devant une petite librairie, rue St-Jean. Le dernier roman de Mylène Gilbert-Dumas, « Yukonnaise » me tendait les bras signe implorant que je ne pus ignorer. Voilà : l’histoire se passe au Yukon et le livre lui, se rendra jusqu’à Donaldson (Mine Raglan) puisque je l’ai oublié dans la pochette du siège devant moi…

C’est quel Saint dont, qui se chargera de me le rapporter???...

* Journal de Québec

photo :  « Château pour Princesse Abitibienne », Québec, mai 2012



Commentaires

Peut-être que "l'homme de ta vie" te rapportera ton livre un de ces jours? Je te le souhaite!!!!
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28941.html

Les critiques avaient été "ordinaires", mais petit film d'amour qui m'a fait du bien!!! Nous ne sommes pas toujours obligés d'écouter de "grands films"!!!! Et, y'a justement une histoire de livre là-dedans!!!
Sally Fée a dit…
Zut alors! S'il est à la hauteur de ses autres romans, celui-là promettait d'être succulent. J'aime beaucoup Mylène Gilbert-Dumas.

Tu auras au moins fait un ou une heureuse et, comme l'écrit si bien Petit train va loin, peut-être que ce "livre à la mer" te reviendra?

Bon séjour dans le Sud!

:O)
Zoreilles a dit…
On dirait le début d'un bon roman... ou d'un bon film!

Qui sait comment l'histoire évoluera?

;o)
Le factotum a dit…
Bon retour à la maison!
Pour faire passer cette distraction, mettez-vous comme moi à l'Oulipo.
Bonne Amie G: peu de chance: habituellement j'écris toujours mon nom à l'intérieur mais pas cette fois. Et le signet est la carte d'affaires de Jeannot le Madelinot... il risque d'avoir un appel bien avant moi!

Ma Bonne Fée: crois-moi, si je ne remets pas la main sur lui, j'en achète un autre certain! Je te le prêterai...

Zoreilles... comme j'aimerais que tu aies raison...

M. Le Factotum: vous pouvez m'expliquer?...
Le factotum a dit…
Pour vous faire oublier la peine occasionnée par la perte de votre livre.
Oulipo: regroupement de personnes aimant jouer avec les mots.
http://www.zazipo.net/
Oh!Merci pour l'info...

Messages les plus consultés de ce blogue

Jeune Sœur Chérie, te souviens-tu…

… du salon du livre à Ville-Marie en 2016? C’était Francine Ruel qui en était la présidente d’honneur. Assise parmi des milliers de livres, elle affichait un certain air que tu lui avais reflété en lui demandant si «  ça lui tentait d’être là … ».    As-tu écouté TLMP dimanche soir ? Moi si, et j’ai immédiatement repensé à cet épisode. Penses-tu que lors de ce salon, elle pouvait déjà être préoccupée par son fils? Si c’était le cas, effectivement ça ne devait pas lui tenter d’être là… Si ça correspond avec l’errance de son Étienne , ça expliquerait ce que «  cachait son âme   » ce jour-là…  N’est-ce pas? Mais tout ça n’est que supposition. Parce que dans le fond, on ne sait jamais ce qui se passe vraiment dans la tête des gens que l’on côtoie. Quelles sont leurs inquiétudes? Leurs préoccupations? Leurs priorités de Vie? Pour expliquer des comportements, on s’invente des histoires loufoques et on y croit. Triste. Je me lance un ...

La rivière-du-Loup...

Des smel' et des pommet' des as de piq' Des rav' et des carot' des manch' de piq' D'la fleur d'la poch' d'avoin' des souliers d'boeuf Des fill' et des garçons heureux Elle a un trou ma marmite, Elle a un trou par-dessous La rivière-du-Loup est large, large La rivière-du-Loup est large partout!... Des smel' et des pommet' des as de piq'............ Elle a deux trous ma marmite, Elle a deux trous par-dessous... (clin d'oeil à mon Amie So de Kuujjuaq-Rivière-du-Loup et à l'Ami Pat de Rimouski, à qui j'ai cassé les oreilles pendant quelques kilomètres entre Rimouski et L'Islet-sur-Mer, en février dernier...) ;-)

Belle et insouciante jeunesse!

« … Ce jour-là, dès que sa voix s’était élevée pure et assurée, par-delà le chœur de la cathédrale, j’avais pris ma décision. Cette jeune chanteuse qui   présenterait un spectacle pour ramasser des fonds pour financer son premier album, et bien… je serais du nombre qui irait l’encourager au sous-sol de la petite église de St-Mathieu-d’Harricana!    Et c’est avec l’Amie Tweety que j’irais! ( c’est même elle qui s’est occupée de l’achat des billets!… )  Vendredi soir, dix-neuf heures trente. La salle est pleine. On refuse du monde. Question d’assurances. Ça jase. Je revois des figures connues, reconnues. Placés à l’avant, devant nous, les enfants de l 'Artiste , et ceux d’un couple d’amis. Tout ce beau monde est assis directement par terre. Par choix. Et les pieds se balancent de gauche à droite, en des semblants de pantins désarticulés. Les mots sont lancés. Chantés. Clamés. Poésie du moment, odes à l’Abitibi. Aisance sur scène. Assurance d 'une méne...