"... J’étais assise dans la salle à dîner de l’hôtel de Salluit, le nez levé vers l’immense escarpement rocheux servant de garde-du-corps au village. De l’autre côté de la rue, l’édifice de la municipalité me présentait son large dos, comme s’il me boudait… J’étais belle et bien perdue dans un quelconque songe lorsque tout à coup se stationna juste en face de l’hôtel, le camion-cube utilisé par la Co-op épicerie. Deux hommes en débarquèrent. Jusque là, rien d’incongru… Ce ne fut que quelques minutes plus tard, lorsque je les vis revenir, le Conducteur tenant dans une main un gros cœur rouge et dans l’autre un bouquet de roses de la même couleur, que je réalisai que le côté commercial de la Fête de l’Amour envahissait également le lointain Nunavik. Les deux hommes s’engouffrèrent rapidement dans le camion, reculèrent et remontèrent la rue vers le nord. À peine quelques instants plus tard et tout compte fait, avec la rapidité de tout bon livreur, l’Homme revint...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit