Passer au contenu principal

Messages

10 jours plus tard... La Fête des Amoureux...

"... J’étais assise dans la salle à dîner de l’hôtel de Salluit, le nez levé vers l’immense escarpement rocheux servant de garde-du-corps au village. De l’autre côté de la rue, l’édifice de la municipalité me présentait son large dos, comme s’il me boudait… J’étais belle et bien perdue dans un quelconque songe lorsque tout à coup se stationna juste en face de l’hôtel, le camion-cube utilisé par la Co-op épicerie. Deux hommes en débarquèrent.  Jusque là, rien d’incongru…   Ce ne fut que quelques minutes plus tard, lorsque je les vis revenir, le Conducteur tenant dans une main un gros cœur rouge et dans l’autre un bouquet de roses de la même couleur, que je réalisai que le côté commercial de la Fête de l’Amour envahissait également le lointain Nunavik. Les deux hommes s’engouffrèrent rapidement dans le camion, reculèrent et remontèrent la rue vers le nord. À peine quelques instants plus tard et tout compte fait, avec la rapidité de tout bon livreur, l’Homme revint...

Salluit (texte d’un 13 février)

La journée de voyage avait été longue, trop longue. Un bris mécanique sur un appareil assurant la liaison Montréal-Québec-Schefferville-Kuujjuaq-Kangiqsuq-Quaqtaq-Kangiqsujuaq-Salluit avait entraîné un retard de quatre heures. Ce ne fut donc qu’à vingt-et-une heures que je pus enfin m’asseoir à la salle à manger de l’hôtel pour y avaler le sandwich au poulet acheté, beaucoup plus tôt, à la petite boutique de l’aérogare de Kuujjuaq. Je n’étais ni surprise, ni indisposée par ce contretemps. J’étais... point. Surtout face à la semaine qui m’attendait et qui d’ores et déjà n’allait pas comme elle aurait dû… J’ajouterais bien un «  m’enfin  », mais… Si au moment où j’écris ces lignes j’ai déjà atteint le nombril de la semaine, il y eut dans la journée d’hier un moment intense de doute quant à ma présence ici… Seraient-ce les jeunes et leur spontanéité à l’école, la beauté du paysage enveloppant Salluit tel un bijou dans son écrin, la passion d’une Maggie qu...

What’s wrong Uncle Charlie? (texte d’un 7 février)

Ça avait été une drôle de journée, du genre que l’on n’espère pour rien au monde quand on s’extirpe avec difficulté d’un lit dans lequel on n’a bien peu dormi…   Est-ce que cette longue diatribe était suffisamment explicite?... Quand on a peine à deviner les contours terrestres à l’extérieur, on souhaite que les conversations soient claires à l’intérieur. Enfin moi je le souhaitais. J’avais conscience cependant que sur l’extérieur, je n'avais aucun contrôle tandis qu’en-dedans… J’ai trouvé dommage d’être témoin d’une confrontation entre deux personnes se connaissant de longue date, qui plus est, dans une langue qui m’était étrangère. Quand la tête et le cœur se battent sans en venir au « point »… les larmes « s’emmêlent »… Triste moment… Ça me laissait un drôle d’arrière-goût dans le fond de la gorge, déjà irritée par un quelconque ingénieux virus ayant trouvé le moyen de déjouer la vigilance de mes « blancs »… Espérons qu’il...

Le P’tit bateau qui se fit plus gros que son abri

Une drôle d’histoire… que je vais ici, vous romancer…   Il était une fois, un simple P’tit bateau naviguant sur l’Hudson et battant pavillon Canadien. Le p’tit port qui l’abritait, était situé dans une p’tite municipalité du Nunavik dont je tairai le nom… Question de confidentialité… Un jour Quelqu’un qui passait par là, s’approcha de l’Autre, assis bien sagement à observer le soleil s’étendre de tout son long sur l’Hudson. « P’tit bateau aurait bien besoin d’un abri pour se protéger des rigueurs de nos hivers, non? » dit Quelqu’un à l’Autre. L’Autre de répondre: « Je suis bien d’accord avec toi. On devrait enclencher des démarches. » Et les deux comparses de se rendre dans les bureaux de la municipalité et d’argumenter en faveur de P’tit bateau. Après moult discussions, ils en arrivèrent à une décision : P’tit bateau aurait son abri! Ils venaient de mettre la main sur la « clé » qui ferait avancer les travaux e...