« … Tôt matin, y’avait les fameuses corneilles-corbeaux qui vrillaient juste en avant de chez-moi. Je pris le temps, tout en sirotant mon latté, d’admirer, béate, leurs lentes ascensions, leurs descentes en piqué et leurs glissades sur l’aile. Ballet magique, dans un ciel sans ligne de poudre nuageuse… » C’était hier. Planté au sommet de l’escarpement rocheux, l’arbre esseulé se laissait balancer par un vent du Nord. Le printemps se pointait à la seule et unique manière du Nunavik : clair, beau et frais. Quand Collègue D actionna la sonnette d’entrée, je sursautai. Je réagis à retardement à ce bruit inhabituel. Quelques secondes plus tard je me précipitais pour accueillir mon visiteur. Il arrivait « on time » pour la marche, pratique de filmographie, qui nous aiderait, Collègue Das et moi, à réaliser le prochain DVD pour l’activité « Viens on va jouer à vivre ». Du moins, c’est ce que nous avions prévu à l’agenda de ce timide après-mi...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit