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Messages

À genoux devant plus grand que soi

J’aurai vécu ma première saison complète au pays de la pomme. De la nudité squelettique des pommiers en mai, à leur timide floraison, pour vivre leur total déploiement dans ces vergers colorés.   J’aurai vécu devant chez-moi, la perte de vue de champs labourés, verdissants, donnants, pour finir par s’endormir une fois de plus, avec leur terre retournée.  J’aurai vécu la routine de ramasser mes victuailles le vendredi avant l’invasion du Chemin Principal par la horde de touristes venus de la métropole ou d’ailleurs en province. J’aurai vécu plus de découvertes, en six mois, que dans les cinq dernières années. Et si la fugace impression d’être en voyage ne me quitte pas, je salue religieusement St-Joseph-du-Lac à chaque matin en lui lançant un convivial «  namasté  ». J’aurai vécu autant de nouvelles rencontres qu’au Temps de ma Vie de Kuujjuamiut. J’aurai tricoté de nouvelles amitiés, à couleurs de pommes et d’érables. Bref…  J’aurai...

Le belvédère

«  Là-haut sur la montagne, y’avait un p’tit…  » Non je m’arrête. C’est une comptine de mon enfance aux mots, si je ne m’abuse, maintenant prohibés. Les années passent, notre vocabulaire se fait de plus en plus pointilleux, les commentaires de plus en plus acerbes.   Respect, où allons-nous?   Le chemin métaphorique sur lequel je me suis engagée il y a quelques années, a présenté son lot d’embûches et de nids-de-poule. J’ai souvent trébuché parce que je ne marchais pas la tête assez haute. J’anticipais les difficultés sans profiter de tout ce qui m’entourait. Puis il y eut des centaines de jours qui se sont présentés les uns à la suite des autres, tous porteurs d’espoir afin de faire déguerpir les nébulosités qui s’inséraient subrepticement parfois dans mon quotidien. Il y eut des centaines de connaissances qui m’apprirent où poser mes pas avec assurance. Des dizaines d’amis qui m’ont auréolée de leur sagesse. Une famille aussi solide que le roc...