J’aurai vécu ma première saison complète au pays de la pomme. De la nudité squelettique des pommiers en mai, à leur timide floraison, pour vivre leur total déploiement dans ces vergers colorés. J’aurai vécu devant chez-moi, la perte de vue de champs labourés, verdissants, donnants, pour finir par s’endormir une fois de plus, avec leur terre retournée. J’aurai vécu la routine de ramasser mes victuailles le vendredi avant l’invasion du Chemin Principal par la horde de touristes venus de la métropole ou d’ailleurs en province. J’aurai vécu plus de découvertes, en six mois, que dans les cinq dernières années. Et si la fugace impression d’être en voyage ne me quitte pas, je salue religieusement St-Joseph-du-Lac à chaque matin en lui lançant un convivial « namasté ». J’aurai vécu autant de nouvelles rencontres qu’au Temps de ma Vie de Kuujjuamiut. J’aurai tricoté de nouvelles amitiés, à couleurs de pommes et d’érables. Bref… J’aurai...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit