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Messages

Sous un ciel incertain...

J’ai hésité un bon moment. Parce que tous les endroits « internetiques » prévoyaient de la pluie sur mon Kuujjuaq aujourd’hui. J’avais beau regarder le ciel ensoleillé, tenter d’évaluer ses nuages. Incapable de dire s’ils finiraient par s’ouvrir ou non. Donc après ma petite routine du samedi matin et quelques activités culinaires, j’emplis une fois de plus ma besace de victuailles etc etc , et enfourchai ce vélo, devenu mon seul moyen d’évasion dans ce tout Kuujjuaq! Je roulai jusqu’au « Repaire de l ’ange ». Les Pierres à vœux que j’y avais empilées la semaine dernière, étaient à leur place. Je me suis sentie comme chez-moi, comme lorsqu’on arrive au chalet. Vous savez, cette sensation de pouvoir enfin décrocher, de paresser sans remord, de tout faire sauf travailler… J’ai ouvert mon sac à dos, et me suis empiffrée en profitant des chauds rayons du soleil, dans un accoutrement tout estival, bien installée sur ma pierre… presque aux portes du bonheur… ... Non mais… attendez… ... Qu’e...

Classique...

… j’avais le goût de l’être… aujourd’hui, ce soir, et peut-être encore, pour plusieurs autres soirées à venir… Comme ça, pour le plaisir, le délire… pour en finir avec cette interminable semaine, qui a étiré ces longues journées avec si peu de répit… Trêve à vélo, soleil coquin mais si mesquin de sa présence… Vents tourbillonnants et moustiques volants … Voilà ce qui résume ce retour au travail après une trop longue absence… C’est ce que j’en tire comme conclusion. La prochaine fois, trois fois passera et ce se sera bien comme ça… J’ai survécu à ce vendredi-soir, bien tranquille, tout bonnement, à mon appartement. D’ici peu, j’ai rendez-vous avec Nagano . J’ai bien hâte de le voir…. Il y a si longtemps déjà… Et dire que je n’y étais pas la dernière fois qu’il est venu dans le coin… Dehors le bruit m’enivre. Pour m’évader, j’ai allongé mes jambes perpendiculairement au plancher, parallèlement au mur… Oui, oui, vous me suivez… Les paumes tournées vers le plafond, j’ai pris la "posit...

Et si tout recommençait?...

… Si j’avais le pouvoir de revenir en arrière, très loin derrière, avant même cette Vie? … Et si je pouvais effacer d’un coup d’ aile les Hier, recréer les Présent pour donner un autre visage aux Futur?... … Et si par une simple pensée, j’arrivais à transformer une partie des dernières saisons écoulées?... Oh et puis à quoi bon! À quoi tout cela rimerait-il? Je reprendrais probablement les mêmes routes pour arriver aux mêmes endroits… Je referais les mêmes vols , dans les mêmes Cieux … Je hanterais les mêmes bois, habiterais les mêmes P’tites Maisons… Peut-être … Je marcherais les mêmes champs, y verrais sûrement les mêmes ours… J’aurais les mêmes valeurs, la même sensibilité… Malheureusement … Mais peut-être aussi que tout serait très différent, entièrement dissemblable… Que mon cœur serait aussi dur que la pierre, ma raison aussi solide que le fer… Et que ma vie serait alors… ... un enfer?...

Marie-Ludivine...

... Elle entra tout doucement dans la chambre en écartant le rideau de billes écarlates. Elle fit quelques pas et s’arrêta, hésitante. Elle jeta un regard circulaire et demeura sans bouger. La nuit s’étendit sur la ville au moment même où Marie-Ludivine tomba sur l’édredon aux couleurs flétries. En silence, elle attendit. Par la fenêtre ouverte, lui parvenaient les cris d’enfants errants, à la recherche du « je ne sais quoi » qui transformerait leur soirée comme les autres en une « pas comme les autres ». Elle aussi souhaitait ce « je ne sais quoi »… Au loin, un crissement de pneus… Elle imagina sans peine le nuage de poussière qu’il souleva. Elle sentit même le bout de son nez lui piquer, comme lorsque débutaient ses allergies. « Non pas ce soir, surtout pas ce soir… » pensa-t-elle. La chaleur était suffocante. Juste respirer représentait un défi en soi. L’air était lourd et préparait l’orage. La grisaille des boules de nuages formait un plafond sombre, plongeant la pièce dans la péno...

Leçons d'anglais...

“I want to travel abroad...” J’ai décidé que dorénavant les lundis, jours de lessive, deviendront par la même occasion, jours d’apprentissage de la langue anglaise. « Yes Sir! » Jusqu’à quand? I don’t know… Aussi longtemps que je ne le maîtriserai pas ou… … jusqu’à ce que je procrastine une fois de plus sur la matière! Hier fut donc ma « première » leçon. Grandement motivée par la « motivation » d’une Consoeur partie suivre des cours dans une Université de Sherbrooke pendant quatre semaines ( Wow! ), j’écoutai d’une oreille distraite le P’tit couple répétant inlassablement leurs « sentences »… À la onzième leçon, je décidai de remplacer leur verbiage par la lecture de « Dear John », le bouquin qui m’accompagne à mes soirées cinéma et qui me tient compagnie avant que ne débute le film, ainsi qu’à l’entracte ( Oui M’dame! Ici nous avons des entractes au mi-film! ) et que non, ma Bonne Fée, je n’ai toujours pas terminé!… En fait, si je me résous à lire une heure par jour en anglais, en pl...

Être à sa place...

Pas toujours évident de savoir où l’on se doit d’être dans cette société aux implacables préjugés… aux critères si élevés… Quand on se pense grand et fort, on nous intime l’ordre de se faire petit… Quand on se fait trop petit, on nous décrit comme « low profile »… Trouvez l’erreur… Si on prend la place qui nous revient, on nous dénigre parfois en faisant planer nos défauts avant nos qualités… Si on se tient effacé, un peu à l’écart, on se fait vite mettre au rancart ou pire, on se fait remplacer par un substitut pas toujours aussi efficace… Que l’on se sente fort ou faible, grand ou petit, de nature troublante ou non, nous sommes qui nous sommes, un point c’est tout… À nous de trouver notre place... Et peu importe ce qu’elle sera, ce sera la nôtre… et aucune autre…

"Quelqu'un..."

… un jour, m’a tendu la main, me protégeant ainsi d’une prévisible chute… Un peu surprise par cette soudaine proximité, un sentiment d’inquiétude m’envahit… Jusqu’où m’entraînerait cet élan de subtile fusion?... Quelques secondes plus tard, l’émoi céda sa place à une étrange sensation de bien-être. Quoique timidement, je laissai tomber ma résistance et m’abandonnai entière, à cette impression nouvelle de sécurité… Je me rappelle la douce chaleur émanant de ces longues mains… s’infiltrant dans les moindres recoins de mon être… Je me rappelle aussi ce geste caressant, réconfortant ma peine du moment… Seul le vent en fut témoin… Ce n’est qu’un peu plus tard, bien à l’abri dans l’intimité de quatre murs blancs, qu’une implosion se produisit, détruisant du coup, quelques invisibles barrières… Elle déclencha un éboulis de fortes émotions… comme seuls nous le racontent les livres … « On récolte ce que l’on sème » dit le dicton. Ce « quelqu’un » ensemença en moi, un « quelque chose »...