C’était le premier de l’An. Je me dirigeais « gaiement » vers le bureau quand estomaquée par les couleurs, je cédai à la tentation et malgré le froid vif et mordant, je revins sur mes pas, retirai ma mitaine et croquai « live », l’arbre emprisonné. Il demandait sa pitance, maigre réjouissance d’une Fête qui l’avait boudé, lui, le Presque Roi de Rien. Pourtant il était là à trôner, fier et beau sur sa minuscule colline de pierres oubliées par un glacier trop pressé d’en finir. Trop pressé de repartir… Sa silhouette se découpait nimbée de cet azur rosé, brindilles au vent, sans guédille* au nez… Il avait l’allure d’un piquet qu’on aurait oublié d’écorcer, comme si sa chair mise à nue, aurait pu l’aider à survivre sous ce voile de froidure. Il n’était rien de plus, que prisonnier coincé entre deux barreaux de fer blanc, isolé à jamais de sa forêt de mélèzes. L’histoire ne dira jamais combien de temps il survécut...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit