J’attendais, à l’arrêt prévu à cette fin, la 81 qui me conduirait à St-Eustache. Près de moi, des autochtones, que je crus à tort, originaires de Kanasatake. Deux fillettes aux longs cheveux couleur ébène; un garçonnet débordant d’énergie; une jeune femme et une Dame plus âgée, à la longue tresse poivre et sel scindant son dos en deux parties égales. La Jeune Femme s’approcha de moi, s’informant de l’heure de passage du bus. « Twelve twenty-six . » lui répondis-je. Elle me remercia et spontanément, lui lançai un « Ilaali * ! » Ne me demandez pas pourquoi. Je me suis moi-même trouvée un peu bizarre d’avoir eu ce réflexe, puisque, s’ils étaient mohawks, certain que ce mot ne leur disait rien… Déformation? Souvenances ? … Au terminus de St-Eustache, la 8 nous attendait sagement. Tant mieux : ça éviterait la quarantaine de minutes d’attente. Je me retrouvai aux côtés de la Femme tressée. Me tournant vers elle, j’osai lui de...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit