Trois mois aujourd’hui, que je n’avais frotté les miroirs de l’appart. Moi qui aime tant conserver ( et pour longtemps ) les mots d’amour et d’amitié que je reçois, je me demandais comment je m’y prendrais avec ceux tracés sur chacun des miroirs de la maison depuis que le dernier anniversaire avait porté vingt ans de plus sur mon trente-six … Avant qu’ils ne disparaissent à jamais, je les ai photographiés. Ça donne ce que ça donne. Après avoir pris la peine de les incruster à jamais dans ma mémoire, j’ai frotté les lettres noires et bleues, une à une, laissant derrière elles, traînée de doux souvenirs. Mais voilà qu’au moment où j’écris ces lignes, je m’aperçois que j’ai croqué au-delà des mots, et sans en prendre garde, mon cuissard, pendu la tête en bas, fatigué de m’avoir suivie au gym. À ses côtés, le foulard aux teintes de pourpre et de rose fané, égaré à Quaqtaq et revenu in extremis la semaine dernière. Précieux souvenir rapporté d’Italie, un bon Jimmy...
« Partir c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout, comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » P. Fillit